La course de côte des mamelles qui s'est déroulée le dimanche 9 avril 2006 a tenu en haleine tout un public d'aficionados pendu aux haut-parleurs diffusant la voix d'un animateur relatant les résultats de la prestation de chacun des engagés. Pendant toute la journée le plateau de pilotes n'a pas cessé de rivaliser sportivement, jusqu'à la fin de la manifestation, organisée par l'ASAG. Un stress s'est installé au sein de chacune des équipes d'assistance qui pensait que leur poulain avait, à chaque montée, les ressources nécessaires pour être le meilleur.
Pour le VIP racing, qui défend les intérêts de Olivier BADLOU, au volant de la SUBARU WRC, les résultats sont identiques à la première compétition de la saison. Edmond BHIKI a pris une revanche sur Frantz PRADEL. Stéphane NEGRE a eu raison des assauts de Jean-Pierre VILMEN. Le team EL TORO n'a pas encore affûté Frédéric PARDO, afin de distancer Henri NEGRE. Le challenge 206 est encore dominé par Vincent PARDO.
La liste des engagés qui comptait 36 partants n'était nantie que 31 noms au classement final. Le véhicule de Eloïse CAMPAN n'a même pas été accepté aux vérifications techniques, François CHATAIGNE a été vu au volant de sa 106, à la levée du parc fermé de la veille, Fabrice ABENAQUI ne s'est pas présenté, Jean-Marc LOUIS a été victime d'une sortie de route, aux environs du parc zoologique, due à un mauvais choix de pneus, Philippe NINOU, dont le véhicule montrait, dès le matin, certains signes de faiblesse a été trahi par son turbo.
En début de compétition, la première montée d'essai permettait à chacun de retrouver ses marques dans cette 23è édition de la course de côte des Mamelles qui, de toute évidence, réservait des surprises à couper le souffle. Le premier à avoir testé le circuit à été Alain OCTAVIE, au volant de sa monoplace, selon la réglementation, afin de reprendre en main un véhicule que l'on ne peut utiliser sur la voie public. IL était suivi d'une 106 pilotée par Philippe DESERT, encore privé de la 206 RC, qui lui revient, suite à son titre de champion 2005, dans le cadre du volant 206.
A la deuxième montée, les temps chutaient et les passages dans les courbes avaient une allure plus rapide, puisqu'une grande partie des pilotes ramenait leur chrono entre 2'' à 12'' d'amélioration, ce qui présageait une première montée de classement avec le couteau entre les dents. Trois pilotes n'ont pas pris part à cette montée : Jean-Pierre VILMEN, Vincent PARDO, POMMIER. Deux autres n'ont pas réussi à être plus véloces : Dominique CHRISTOPHE sur sa Clio et Laurent BARBIS au volant de son Escort Cosworth. Notons que Edmond BHIKI, maîtrisant les chevaux de sa 306 kit car, réalisait le meilleur temps de 1'45''56.
A la première montée chronométrée, le classement adoptait une physionomie qui était susceptible de modifications pour certains et ne rien changer pour d'autres qui n'avaient pas les ressources pour aller plus vite. En tête de classement, les deux WRC contrôlait la course, avec la SUBARU devançant la FOCUS, laissait la troisième marche du podium pour la MEGANE kit car qui avait fermement l'intention de la conserver, malgré les attaques de la 306 kit car, qui n'avait pas récidivé son exploit et se situait à 9 centièmes de son principal rival.
Dans le challenge 206, Vincent PARDO s'imposait en 2'08''33, comme pour défier, ses concurrents du challenge, de parvenir à le déclasser. Jean-Michel POUVIN, le plus rapide aux essais, affichait son meilleur chrono en 2'10''35 et Eric POMMIER améliorait son temps en 2'11''22.
La montée, qui en général est décisive pour quelques pilotes, a été difficile à accepter pour le team EL TORO, puisque Frédéric PARDO n'étant pas à l'heure sur la ligne de départ, a été refusé quand il s'est présenté et n'a pas eu la chance d'évoluer, au cours de cette quatrième tentative. La situation a également été amère pour le clan SUBARU et tous ses supporters disséminés sur le circuit. Vingt et un pilotes sont parvenus à diminuer leur temps de parcours sur les 3200 mètres du circuit, le plus rapide, parmi eux, a été Patrick GABRIEL en pointant en 1'44''77. Quant à BADLOU, il arrivait avec plus de 24'' de retard sur le meilleur temps de cette deuxième montée de l'après-midi, facilitant l'ascension de PRADEL, en 1'49''39 et BHIKI, en 1'50''02, sur le podium. Les jeux semblaient faits, d'autant que le pensionnaire du VIP racing a roulé au ralenti, tout le long du circuit, ayant été victime d'un ennui électronique. L'angoisse envahissait les supporters de l'association du VIP racing qui ont la hantise de revivre les mésaventures de la saison passée. Heureusement que la compétence du préparateur a permis de soustraire tout mauvaise pensée qui pourrait déconcentrer le pilote de la SUBARU. Il est évident qu'autour de la FOCUS, une satisfaction se lisait sur les visages, d'autant que c'était la première fois que, dans la journée, on parcourait le circuit en 104 secondes. L'on voyait clairement se dessiner une revanche de la course de côte de Caféière.


La dernière manche des Mamelles 2006 a fait mal au clan de Didier ROMAIN qui ne parvenait pas à enclencher la seconde de sa Clio, à une centaines de mètres du départ et s'arrêtait non loin de là. Amertume aussi dans le clan du GWAD, à cause de la contre performance de Frantz PRADEL, qui ne pensait pas que le pilote de la 306 kit car aurait les facultés pour venir taquiner et voire être sensiblement plus rapide que la MEGANE kit car, dont le pilote descendait au pied du podium pour un centième de seconde. Etant moins rapide que la Clio Super 1600 de Robert LUDOMIR, qui a montré ses prétentions pour la suite de la saison, Willy FAGOUR, de la Martinique, a sans cesse amélioré son temps, jusqu'à pointé en dessous de la minute, dans cette ultime montée, en affichant 1'59''77. Jean-Michel « Padpanik » KANCEL a tenu en échec toutes les FORD Cosworth en 2'00''46 et classait Alain OCTAVIE juste après lui, à 48 centièmes de seconde. Dominique CHRISTOPHE a également fait un énorme bond en réalisant 2'09''59, alors que depuis le matin il était au fond du classement. Cédric TEL et Jérôme COLAS ont eux aussi fait le forcing afin de se prouver qu'il leur était possible de couvrir le trajet en 2'10''85 pour le premier et 2'10''87 pour le second. Mais inévitablement, tout le monde, sans exception, attendait le passage des WRC pour avoir le verdict final de cette bagarre qui avait un goût de revanche. La direction de course donnait le départ à chacune des voitures, de une en une minute, ce qui avait pour conséquence d'avoir toujours deux bolides évoluant sur le circuit. Le démarrage de ces WRC a été rageur et le public était attentif à la moindre erreur de pilotage, des deux vedettes de la journée. Les ennuis de transmission obligeaient une attente interminable, avant de pouvoir communiquer les vingt derniers temps enregistrés. Découragement et euphorie se sont croisés dans la verdure du parc des Mamelles, au moment où le speaker officiel, en annonçant les résultats, a précisé que Olivier BADLOU avait réalisé 1'44''57, soit 20 centièmes de mieux que Patrick GABRIEL. Quelques minutes auparavant, Olivier n'ayant pas eu la sensation d'aller suffisamment vite, se culpabilisait de n'avoir pas été assez incisif, pourtant sur toutes les portions du circuit, le public, tout clan confondu, a été unanime de constater le retour d'un Olivier BADLOU, des années précédentes. Il est évident que le sentiment de satisfaction se transportait d'un clan à l'autre, comme cela a été le cas, durant toute la journée, au sein de la majorité des équipes.
A l'issue de la dernière montée, les organisateurs ont décidé de pratiquer à la pesée des véhicules. A coup sûr, la balance a révélé des secrets que certains voulaient garder jalousement. Le poids est l'ennemi de la vitesse ; allégé, il peut favoriser la vélocité. Et si cette diminution de poids a permis d'être sur le podium, que va donc penser le public de ceux qui s'adonnent à la triche, en ayant un poids inférieur à celui spécifié sur la fiche d'homologation ?
La dernière épreuve est celle de la remise des prix. L'excitation qui l'anime a été ternie, dixit la majorité des pilotes et de la foule qui demeure encore frustré, quant à la légèreté avec laquelle les prix étaient remis aux lauréats. La cérémonie s'est déroulée dans la rue, en obstruant la circulation, alors que d'autres disciplines sportives, munies de moins de capacité, arrivent à recevoir dans des conditions et des lieux plus conviviaux.
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