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Généalogie de l’automobile
La première moitié du XXè siècle a été la
période de nombreuses inventions qui ont changé et amélioré la vie
de tout un chacun. Les moyens de locomotions qui ont facilité,
notamment, les déplacements, avaient pour particularité première, de
raccourcir les distances, tant le temps de voyage s’avérait plus
court. En matière d’invention automobile, des noms connus
aujourd’hui (Panhard, Bollée, Daimler, Benz, Dunlop, Michelin,
Goodyear, Renault, Ford, Bugatti, Peugeot, Citroën, Rolls, Royce,
Roméo, Diesel) correspondent à l’identité de personnes qui ont œuvré
pour que la voiture et ses dérivés ne cessent de progresser et
d’exécuter des évolutions, pour le confort de ses innombrables
utilisateurs.
Toutefois,
c’est en mi-Octobre 1769 que la démonstration de rouler, au
lieu de galoper à dos de cheval, a animé Nicolas-Joseph CUGNOT,
en présentant son premier FARDIER qui n’a pas eu le succès
escompté, malgré la présence d’officiels et de la fanfare. Cette « machine
à feu » était le premier véhicule à se déplacer par ses propres
moyens, sur la voie terrestre et utilisait la force expansive de la
vapeur découverte par Denis PAPIN. (Néanmoins, les archives font
état de l’Anglais Thomas NEWCOMEN qui a construit, en 1712, le
premier moteur à vapeur utilisable, grâce à un dispositif
d’admission et d’échappement de la vapeur, mis au point avec l’un de
ses ouvriers, répondant
au
nom de Humphrey POTTER). Mais du fait de la lenteur de
déplacement, du FARDIER de CUGNOT et surtout avec la violence des
ses mouvements qui ne permettaient pas de le diriger, au cours du
premier essai, le véhicule a renversé un pan de mur, dans le parc du
prince de Conti, à Vanves.
Nicolas-Joseph CUGNOT est né le 26
février 1725
en Lorraine, de parents cultivateurs. Aucune trace ne permet
d’authentifier son parcours d’études d’ingénieur, mais le début de
sa célébrité était caractérisé par la présentation de son projet de
« voiture à vapeur » qui avait retenu l’attention de tous,
même d’un officier suisse, qui avait soumis un projet presque
similaire, à M. Choiseul, ministre de Louis XV.
En présence de ce ministre et du Général
de GRIBEAUVAL, responsable de l’Arsenal de Paris et principal
défendeur du projet de Cugnot, ainsi que d’un public très massif,
lors d’une séance de démonstration, le fardier ayant embarqué quatre
personnes, avançait à une vitesse de 3,5 km/h, quand sa progression
fut interrompue, à cause de la capacité insuffisante de sa
chaudière, n’étant pas suffisamment proportionnée aux besoins de ses
pompes. Malgré cela, le FARDIER de CUGNOT a été considéré comme le
véhicule de transport militaire, donc le premier « poids lourd »
qui ait roulé dans le monde. Pourtant, il était sujet à
s’arrêter après 12 à 15 minutes de parcours pour en effectuer le
plein d’eau et attendre que l’ensemble refroidisse avant de
repartir. Cette exigence a coûté la défaveur de certains dirigeants
qui semblaient être contre cette évolution ou désespérément attachés
à la puissance des chevaux de trait.
Bienheureusement,
c’est une invention qui a fasciné une autre catégorie de gradés qui
n’a pas hésité à passer commande d’un autre FARDIER plus long et
ayant la capacité de transporter cinq tonnes. Le coût atteignit
la somme 22 000 livres soit 616 000 frs ou encore 93 900 €. Les
travaux de cette seconde machine commençaient en avril 1770 et
étaient exécutés dans l’enceinte d’un des édifices de la caserne
militaire. Les essais du véhicule s’effectuaient en novembre de la
même année. Suite à un incident, les réparations et modifications
ont durées jusqu’en juin 1771 et on s’empressait de procéder à
d’autres essais, le 2 juillet 1771, avec l’accord du ministre de
l’époque. A l’issue de cette nouvelle tentative, le FARDIER a été
garé dans les ateliers de L’arsenal, pendant un peu moins
d’une trentaine d’années, jusqu’au moment où l’on décidait de le
transférer, en 1799. On l’en sortait, l’année suivante, pour le
faire entrer au Conservatoire National des Arts et Métiers où il
est encore visible aujourd’hui, depuis 1801.
1769-FARDIER ou JOUET-1672
Malgré son problème d’autonomie,
l’invention de CUGNOT a été chaleureusement accueillie par les
milieux scientifiques et plus particulièrement par les officiers
d’artillerie, au service desquels elle avait été destinée. Il a été
également précisé que cet œuvre constitue un prologue à l’ère de la
traction mécanique sur la route, dont le développement est
inéluctable.
Les renseignements biographiques de
Nicolas-Joseph CUGNOT sont très peu abondants et il n’a été
conservé aucun de ses portraits. En revanche, on sait qu’il a été au
service de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, a servi comme
ingénieur dans les armées impériales autrichiennes, a vécu en
Allemagne au cours de la guerre de sept ans et vint à Paris en 1763.
Après une vie bien remplie, décède le 7 octobre 1804, à
l’âge de 79 ans, à la rue de Tournon à Paris.
Précisons qu’un splendide modèle
réduit du Fardier de Cugnot, exécuté en 1851 par Bourbouze,
est conservé dans l’une des vitrines du Conservatoire des Arts et
Métiers.
La
machine à vapeur de Cugnot a représenté une grande nouveauté dans la
« domestication de la vapeur » que l’on connaissait depuis un
siècle auparavant, dont avait mal ou pas du tout utilisé l’énergie.
Malgré tous ses efforts, les difficultés rencontrées avec son
Fardier, donnaient raison aux réfractaires. D’autres chercheurs ont
tenté de réduire la taille et le poids des machines à vapeur, mais
celles-ci s’avéraient encore plus inutilisables, du fait de la
capacité de la chaudière, toujours trop insuffisante.
Le fardier a pendant longtemps tenu en
haleine tous ceux qui croyaient que la poursuite d’un tel projet
pourrait valablement améliorer les déplacements et permettre un
rapprochement des distances, surtout pour le transport des charges
lourdes. Pour prouver la véracité des recherches de CUGNOT, très
récemment, les élèves du lycée Professionnel Nicolas-Joseph
Cugnot de Toul et du lycée général et technologique Henry
Loritz de Nancy, ainsi que ceux du lycée général et
technologique Jean Hanzelet de Pont-à-Mousson ont
reconstruit le fardier de Cugnot, à l’échelle ½, afin de mettre
leurs compétences en commun et créer ainsi le « Projet lorrain »
pour relever le challenge 89. Ayant respecté la technologie
du concepteur, le fardier a battu tous les records de distance de
l’époque. Pour des raisons de bon fonctionnement, la chaudière avait
été fixée sur la partie arrière, avec la ferme intention de le fixer
à sa place initiale, après une modification pour assurer la
stabilité de l’ensemble.
Pourtant, des écrits chinois tiennent à
faire honneur à un jésuite belge, du nom de Révérend Père
VERBIEST, qui a résidé quatorze années en Chine, à partir
de 1672. Ce dernier aurait été le premier à expérimenter le
mouvement autonome d’un engin, en ayant fabriqué un jouet de 65
cm
représentant un curieux chariot à vapeur, pour la distraction de
l’empereur et sa cour. Les historiens ne sont pas d’accord sur la
date de cette réalisation, que l’on situe entre 1679 et 1681.
Toutefois, ce jouet mû par la vapeur, tournait en rond, par ses
propres moyens, dans la cour du palais impérial, enthousiasmant les
spectateurs. Cela conduisait l’empereur à combler d’honneurs, le
Père VERBIEST, dont la découverte devint rapidement un beau jouet
sans importance. Pour éviter qu’il ne tombe dans l’oubli, un
Révérend italien, GRIMALDI, présentait un objet relativement
identique à Pékin, au XVIIIè siècle, toujours en
présence de l’empereur de Chine. La coïncidence était si évidente
que l’on pense, aujourd’hui encore, que le véhicule miniature du
missionnaire belge a forcément servi de modèle à son successeur
italien.
1775 - L’EOLIPYLE
L’abbé NOLET avait expérimenté, en
France, en 1748, un engin à vapeur, dont la propulsion était un jet
de vapeur en réaction. Toutefois, le principal document relatant
l’existence de l’éolipyle est un manuscrit allemand du XVè siècle,
représentant un chariot monté sur quatre roulettes, surmonté d’un
bec d’où échappait la vapeur. Un engin identique est conservé
soigneusement à Karlsruhe, en Allemagne. Son inventeur serait
un français qui en aurait fait l’essai à Paris en 1775.
Les roues motrices à l’arrière étaient entraînées par un ensemble
d’engrenages commandé par une roue à palettes, actionnée par le jet
de vapeur sortant du bec recourbé. La petite roue directrice était
nantie d’un blocage à pas de vis, dont le serrage réglait la
circonférence du cercle sur lequel l’engin tournait en rond. L’eau
contenue dans le réservoir supérieur, suffisamment chauffée par la
braise en incandescence, dans le réservoir du bas, permettait au
chariot d’entamer son mouvement dans un sifflement dégageant une
fumée. Cette autonomie de la machine avait un effet étrange sur les
néophytes de l’époque, d’autant que ces exemplaires de jouets
étaient la propriété d’une catégorie de personne,
dont l’invention ne demeurait qu’au stade expérimental. On était
loin du véritable moyen de locomotion mécanique
1784 - MACHINE à VAPEUR de l’ANGLAIS MURDOCK
William Murdock, qui dirigeait, en
Grande-Bretagne, une entreprise de montage de machines, appartenant
à Boulton et Watt, s’est subitement passionné pour les machines à
vapeur. Il avait de qui tenir, puisque son père est reconnu pour
être l’inventeur d’au moins trois modèles, dont celui ci-contre, dénommé
Sauterelle, conservé au musée de Birmingham. Sauterelle
possède deux roues motrices à l’arrière et une roue directrice
supportant le poids d’un plateau oblong. La chaudière de cuivre
déposée sur ce plateau est traversée par un tube
à feu chauffé à l’esprit de vin. Un cylindre vertical est plongé
dans la chaudière et la tige du piston agit sur un demi-balancier.
Cette voiture de petite taille ne paraît pas avoir été conçue pour
le transport de personnes, mais assurément comme engin
expérimental. En prévision de l’inclinaison de la chaussée,
William Murdock avait, sur son véhicule, envisagé des changements de
vitesses à utiliser en fonction des difficultés rencontrées, ce qui
faisait de cet anglais, l’inventeur du principe du changement de
vitesses utilisé sur les voitures moderne. A la lecture d’un
courrier de 1786, adressé à ses anciens patrons, il ressort que
William MURDOCK aurait fait rouler son véhicule sur trois kilomètres
environ. Durant une autre séance d’essai, qu’il avait pratiqué de
nuit, le véhicule aurait pris de la vitesse dans une descente, après
une perte de contrôle de son conducteur, il aurait effrayé un homme
d’église absorbé dans ses prières, le pieux s’est cru mourir, se
croyant poursuivi par le diable en personne. Pendant les deux années
1791 – 1792, MURDOCK avait entamé la construction d’une voiture plus
importante et l’abandonna pour d’autres travaux.
1786 - VOITURE à VAPEUR de SYMINGTON
Aidé par son père, William Symington
a construit la première voiture à vapeur destinée au transport de
personnes. Considérée comme l’aïeule des voitures automobiles,
sa brillante carrière a été interrompue à cause de la mauvaise
qualité du réseau routier écossais de l’époque. Cet inventeur se
trouva soudain peu intéressé par la locomotion terrestre, pourtant,
la voiture avait déjà près d’une trentaine d’années d’avance. La
chaudière de cette machine était placée à l’arrière, entre les roues
motrices et communiquait avec deux cylindres latéraux. Une
crémaillère transmettait le mouvement à des tambours à crochets
placés sur l’axe des roues. L’arrêt des recherches de William
Symington a ponctué un sentiment de regret, tant les démonstrations
effectuées furent concluantes, malgré la rusticité des systèmes de
transmission et de direction. La lourdeur de cette direction
obligeait un effort contraignant pour le conducteur, lorsqu’il
devait négocier une courbe. Après 1800, plus aucun constructeur
n’usa de cette technique primitive ; depuis, les directions
ont été démultipliées, à l’aide d’engrenages placés à
l’avant, sur des diabolos, indépendantes de l’ensemble. La
suspension du véhicule semblait si proche de celle des voitures à
chevaux que l’on s’est permis de penser que l’ingénieur avait
converti un de ces carrosses en voiture à vapeur, mais l’innovateur
avait réellement travaillé sur des bases nouvelles.
1788 - MACHINE à VAPEUR de FOURNESS
Bien qu’elle soit née en France, il était
évident que la locomotion à vapeur s’expatrie en Angleterre
où la mécanique en général avait déjà une avance considérable. Comme
des français qui, au fil des années, allaient mettre au point des
voitures de conception moderne, en Angleterre on dénombrait des
chercheurs plus inventifs les uns que les autres qui ont domestiqué
la vapeur. Parmi eux Robert
FOURNESS
fut un des plus remarquables et à plus d’un titre. Dès 1788, il
réalisa une machine à vapeur sur quatre roues et nantie de
certaines innovations. Une chaudière en forme de poire entourée par
le foyer et reliée à un groupe de trois cylindres verticaux, dont la
vapeur d’évacuation passait par le réservoir d’eau. Cette eau était
pompée grâce à un système relié à la tige d’un des pistons, un axe
engrené sur l’arbre de transmission commandait le mécanisme de
distribution de la vapeur, ce qui préfigurait des culbuteurs de
soupapes qui équipent aujourd’hui, les voitures modernes.
Parmi toutes les innovations de FOURNESS,
dont la mort stoppa prématurément les expériences, il fut,
néanmoins, le premier à munir la cheminée d’un manchon qui obligeait
la fumée d’être rejetée vers l’arrière, ce qui avait pour
conséquence heureuse de soulager les passagers du nuage noire et
nauséabond, que la faible vitesse de déplacement ne pouvait
contrôler, que lorsque le vent avait une direction opposée.
Un point important était toujours au rang
de la négligence, c’était celui du confort du conducteur que les
constructeurs mettaient régulièrement au dernier plan,
malheureusement, vu l’état épouvantable des routes damées par des
roues aussi massives et non amorties, on pourrait se demander
comment le pilote parvenait à se maintenir à son poste.
1801 - LA VOITURE à VAPEUR de TREVITHICK et VIVIAN
L’anglais Richard TREVITHICK né 1771, période pendant laquelle Joseph CUGNOT abandonnait son projet Fardier, est considéré comme l’homme le plus extraordinaire des débuts de la locomotion à vapeur. On l’appelait « le Géant des Cornouailles » puisqu’il était un être plein d’énergie, d’impétuosité, mais aussi de désintéressement, à cause de son caractère changeant, versatile, ce qui l’empêchait souvent de poursuivre ses inventions. Associé à son cousin Andrew VIVIAN, il construisit la locomotive routière ci-contre, après avoir réalisé plusieurs modèles de machines à vapeur. La locomotive fut essayée le 24 décembre 1801 à Camborne. A cette première séance d’essai, une huitaine de personnes avait pris place sur le véhicule avant de gravir la pente de Beacon Hill, d’environ 5% d’inclinaison, mais l’arrêt était inévitable, avant d’atteindre le sommet, par manque de vapeur. Quatre jours plus tard, lors d’une autre séance d’essai, l’ensemble roulant s’est stoppé après avoir parcouru 360 mètres ; un problème venait entraver son évolution, mais le tandem TREVITHICK-VIVIAN, satisfait de l’exploit et animé d’une insouciance parfaite, parquait l’engin sous une remise et l’oublia, le temps de déguster un repas à base d’oie rôtie en se désaltérant de boissons appropriées. Avec la chaleur que dégage le mécanisme du groupe propulseur, l’eau s’évapora, le fer rougit et rien de ce qui était combustible aux alentours, de leur invention, ne résista. C’est ainsi que se termina la carrière de cet engin.
Le 26 mars 1802, TREVITHICK et VIVIAN prenaient un nouveau brevet qui décrivait une machine à vapeur comportant une cabine pour passagers, qui semblait être d’une accessibilité très sportive, vu la hauteur de sa fixation. Le mouvement était donné par un cylindre horizontal actionné par la chaudière placée à l’arrière ; tous ces efforts arrivaient à un axe portant un grand volant et des engrenages qui commandaient des roues de très grand diamètre. Selon les plans, conservés en Angleterre, la forme du châssis semblait très différente, ce qui fait penser que les inventeurs n’ont pas scrupuleusement respectés l’esquisse représentée sur le schéma. Toutefois, la construction de la voiture, en 1803, fut un succès et ses essais étaient également concluants, qui, pour la première fois se sont effectués, sur un trajet plus ou moins prolongé, à la vitesse de 8 à 10 km/h. Sur le chemin du retour, la voiture a heurté et endommagé une grille de jardin, heureusement, sans aucun dégât sur le véhicule. Mais comme toujours, quand son invention a fait ses preuves, TREVITHICK en détourne son attention. Cette fois, il se consacra presque exclusivement à la locomotive sur rail, faisant la fortune des miniers, au lieu de la sienne, car jamais il ne sut tirer profit matériel de ses inventions. A cela, il avouait, sans amertume, l’étroitesse de sa situation pécuniairement, en disant que le grand bonheur d’avoir été un sujet utile, ne pourra jamais lui être enlevé, parce que cela dépasse de beaucoup toutes les richesses.
L’inventeur passionné a poursuivi ses recherches, pendant d’autres décennies, en développant le frein à main, les vitesses et les améliorations au niveau de la conduite.
1821 – DILIGENCE à VAPEUR de GRIFFITH
L’anglais Julius GRIFFITH fit construire une importante machine que l’on a classé comme étant la deuxième diligence à vapeur. Son constructeur était un mécanicien de renommée, spécialisé dans la fabrication de machines outils. Un système de chaudière garantissait un grand intérêt, étant placé à l’arrière du véhicule soutenu par une forte charpente. A la demande de GRIFFITH, le concepteur BRAMAH a monté un arbre de plusieurs pignons s’engrenant à volonté dans les roues dentées solidaires des roues motrices. Il avait également introduit dans les organes moteurs un condensateur formé de nombreux tubes aplatis en métal léger, exposés directement aux courants d’air, que l’on pourrait considérer comme l’ancêtre du radiateur automobile. La curieuse forme de la cabine était supportée par un jeu de quatre ressorts semi elliptiques, s’appuyant sur un châssis incliné vers l’avant. La particularité de la direction permettait aux roues de tourner au bout d’un axe immobile, dont le système fait virer les roues directrices. Ce procédé a été réinventé par Amédée Bollée Père. Malgré toutes ces innovations, la diligence se révélait décevante aux essais : la capacité de la chaudière était réellement insuffisante pour propulser la masse excessive de l’engin. Durant quatre années, le propriétaire et le concepteur ont travaillé durement, mais la machine a demeuré lente, lourde, récalcitrante, et de ce fait, petit à petit, ils abandonnèrent le projet. Le côté positif de cette désaffection fait que l’invention a servi d’exemple aux autres éminents chercheurs et constructeurs passionnés par la locomotion terrestre, et ainsi, de nombreux enseignements furent tirés de cet amas d’innovations. Grâce à la parfaite exécution du mécanicien BRAMAH, la machine a connu, auprès des professionnels, un succès, sans pourtant n’être jamais sorti des ateliers.
1824 - DILIGENCE à VAPEUR de BURSTALL et HILL
La modestie de Thimothy BURSTALL et John HILL a failli les faire passer dans l’oubli, tant ceux qui se faisaient « mousser » avaient la chance d’être mis au-devant de la scène Britannique. Pourtant la célébrité de leur découverte dans le domaine de la propulsion mécanique fut importante. Leur diligence à vapeur comportait, pour la première fois au monde, un système de transmission par cardan, dont la réussite a été possible grâce à un joint universel. L’engin était ainsi doté d’une double traction (à l’avant et à l’arrière), système qui fut réinventé un siècle plus tard et qui est encore appliqué de nos jours, avec un perfectionnement plus poussé, mais identique dans son principe initial. Ce véhicule était équipé à l’arrière d’une chaudière basse rattachée à deux cylindres, dont un conduit spiral en cuivre reliait ces deux éléments, afin de permettre une élasticité dans les mouvements et éviter toute rupture. Les essais se sont d’abord effectués à Leith, puis à Edimbourg en 1826 et à Londres en 1827, mais une fois encore les résultats ne furent véritablement satisfaisants. Comme pour les précédents, la chaudière s’avérait trop faible pour propulser les 8 tonnes de l’ensemble, si bien qu’une explosion s’est fait entendre. Cet échec n’a pas découragé les deux modestes inventeurs et se sont affairés à remédier aux imperfections. Ils ont de suite construit une nouvelle voiture, cette fois nantie de six roues et comportant une multitude d’innovations : entre autres, un châssis moteur séparé du restant du véhicule, ce fut là aussi la première apparition du véhicule semi-remorque, que l’on a adopté depuis. Il est fort probable que la partie motrice de cette invention apparue sur rail comme locomotive de BURSTALL, sous le nom de Persévérance, au fameux concours de Rainhill en 1829.

1828- DILIGENCE A VAPEUR DE GURNEY
L’enthousiasme pour la locomotion
terrestre de Goldsworthy GURNEY date de sa tendre enfance,
lors des essais des machines de Trévithick. La persévérance
est la qualité, qui manquait à son aîné, caractérisant GURNEY, né en
1793, d’être plus inventif. Diplômé en chirurgie, il élit domicile
dans la capitale britannique, en 1823, où il fut sacré plus grand
savant de son temps. On lui doit quantité de découvertes, dont le
système de chauffage centrale à circulation d’eau chaude, la lumière
oxhydrique à la chaux, les fondations en béton etc…
Sans
oublier ses inventions de machine à vapeur et son sens très
développé de la publicité. Soutenu par de riches bailleurs de fonds,
il a consacré sa propre fortune aux machines à vapeur. La création
d’une machine à jambes articulées fit l’objet d’un brevet, en 1825.
Ensuite, Goldsworthy GURNEY réalisa une machine à vapeur
fonctionnant au coke pour éviter des spirales de fumée. Cette
voiture était nantie de jambes articulées et d’un siège de
conducteur placé à l’arrière, qui fut disposé à l’avant, suite à des
essais infructueux, en 1828, après avoir supprimé les jambes
articulées. La diligence était alors au service de 18 passagers et
pouvait mouvoir ses six mètres de long et son chargement à la
vitesse de 16 km/h. Sa principale et unique performance
expérimentale fut réalisée le 14 juin 1828, lorsqu’elle négocia
allègrement la côte de Highgate Hill. Mais l’insuffisance des freins
ne pardonnait pas GURNEY qui, aux commandes et impuissant, vécu le
mouvement accéléré de l’engin jusqu’en bas de la côte, avant un
capotage inévitable.
1828 – DILIGENCE A VAPEUR DE JAMES
Au fil des années et plus précisément au
début du XXe siècle, une fièvre d’innovations techniques envahissait
toute l’Angleterre, par l’intérêt que portaient l’automobile à une
poignée de talentueux inventeurs. Parmi ceux-là, il y avait un nommé
W-Henri JAMES qui ne se lassait pas de créer et semblait
vouloir se spécialiser dans la locomotive routière à vapeur. Il
voulu, en 1824 se lancer dans une série d’études d’expérience plus
intéressantes. Une chaudière tubulaire à haute pression est à son
actif et a été breveté, il en était de même pour deux engins mus par
deux cylindres indépendants, mettant en mouvement chacun deux roues
motrices.
Ayant
ressenti la nécessité d’un associé, il acceptait la collaboration de
Sir James ANDERSON, avec qui il réalisa une grande diligence,
pouvant transporter une quinzaine de passagers. L’engin a subi
plusieurs transformations durant les deux années 1826 à 1828. Une
mauvaise route de la forêt d’Epping permettait à l’engin de rouler
entre 19 à 24 km/h. Cette allure fut ralentie à cause d’une sortie
de route ayant endommagé l’une des deux chaudières, ce qui a réduit
la vitesse à 12 km/h, juste pour rentrer sans autre encombre.
C’était une voiture exécutée minutieusement, un chef-d’œuvre de
W-Henri JAMES qui avait créé la plus parfaite diligence à vapeur
de l’époque, dont des travaux supplémentaires auraient amélioré la
robustesse et la maniabilité du véhicule. Mais comme tous les
chercheurs de cette époque, JAMES s’est tourné vers d’autres
projets, pour réaliser en 1829 un véhicule mû par un quatre
cylindres à sections ovales pouvant agir séparément. Victime de
difficultés financières, JAMES fut contraint de stopper ses travaux.
Toujours d’attaque, il poursuivit d’ultimes recherches et parvint à
breveter, en 1832, un changement de vitesse à trois rapports
commandés par pédales.
1830 – VOITURE A VAPEUR DE Luigi PAGANI
Jusqu’en 1830, il n’existait aucune
initiative dans le domaine de la locomotion à vapeur, en dehors de
l’Angleterre. A cette période, une réaction se fit sentir, en
Italie, par le mécanicien bolognais Luigi PAGANI, qui
construisit une voiture essayée dans sa région natale. Aucun
témoignage ne peut étayer le résultat de ces essais et l’on suppose
que les performances n’étaient pas intéressantes. Son déplacement
dans la campagne a suscité quelques craintes dans la population
rurale qui n’était pas habitué à percevoir des bruits de
grincement
accompagnés de vapeur polluant l’air qu’elle respirait. Le vacarme
qui accompagnait l’ensemble roulant était dû à un manque de finition
et de suspension, dont étaient déjà dotés les véhicules anglais. Les
suppositions amènent à penser que Luigi PAGANI a été victime de
l’incompréhension de ses compatriotes incommodés à la vue de ce
monstre mû par ses propres moyens. Qualifiant ce véhicule de « maléfices
du diable », les paysans n’ont pas hésité à se ruer sur l’engin,
munis de pioches et de tous autres ustensiles de labourage pour
contrer l’invention du pionnier italien ; d’autant qu’il y avait
fixé à l’avant une sculpture d’animaux de la mythologie, peu
rassurante pour la populace de l’époque, en l’occurrence
l’hippogriffe représenté mi-cheval, mi-griffon.
1832 – LA DILIGENCE du COLONEL MACERONE

Fils d’un émigrant italien, installé en Angleterre, Francis MACERONE est né à Birmingham en 1788. Très jeune, il avait une existence aventureuse qui l’emmena à servir dans les armées napoléoniennes. Son caractère impétueux, bagarreur, courageux et intelligent lui fit gravir les grades de Colonel et Aide de camp de Murat, à la chute de l’Empire. Il rentra en Angleterre, après que Napoléon eut été relégué à Sainte-Hélène et fut nostalgique de ses gloires napoléoniennes. Mettant de côté cette carrière militaire, MACERONE se pencha sur la locomotion à vapeur, en ayant participé aux essais de la voiture de Gurney en 1828 ; mais marqué par le goût des choses allant à grande allure, il n’était pas satisfait, du fait du souvenir des chevauchée fougueuse auxquelles il s’était habitué. Comme pour changer les choses, il avait décidé de construire lui-même un véhicule rapide. Pour cela, il s’est associé à l’anglais John SQUIRE, avec qui, en 1832, il réalisa une diligence remarquablement mise au point. Cette engin avait la capacité de transporter HUIT personnes et était muni d’une chaudière arrière à tubes d’eau et foyer à ventilateur. La robustesse de l’ensemble s’est avéré concluante, puisqu’ayant roulé pendant 18 mois et couvert 2 700 km, n’a jamais fait apparaître de signes de faiblesse, ni solliciter aucun entretien particulier. Des faits qui furent confirmés par Alexandre Gordon, dont l’article remplissait les colonnes du Journal of Elemental Locomotion, premier journal consacré à l’automobile. Il poursuivit ses travaux et réalisa trois nouvelles voitures, mais deux d’entre elles lui furent soustraites par un aventurier escroc qui répondait au nom de DASDA. Francis MACERONE parvint tout de même à fonder une compagnie d’exploitation routière, mais abandonna toute autres tentatives, face aux dettes qui s’accumulaient et le ruinait.
1834 – VOITURE à VAPEUR de SCOTT-RUSSEL

C’est à cette année-là que l’on connu le premier accident mortel de la route. La Steam Company of Scotland fut fondée en 1834 par John SCOTT-RUSSEL. Cette compagnie de transport routier, qui s’était dotée de SIX véhicules du même type, devait desservir le trajet Glasgow-Paisley. Ces voitures, construites à Edimbourg, était composées d’un carrosse servant de diligence qui tirait une remorque portant de l’eau et le Coke. Des ressorts spéciaux prémunissaient le carrosse contre les secousses. Il y avait quatre banquettes à l’air libre et deux couvertes, tandis que deux autres étaient fixées sur la remorque. Depuis Avril 1843, période de l’organisation du premier voyage, des départs avaient lieu toutes les heures, sur un trajet de 12 km qui était couvert en moins de 45 mn, puis en 34 mn. La concurrence jalousait face aux performances de la compagnie dont les voitures parvenaient à transporter de 27 à 40 passagers, en roulant, même en ras campagne, à 27 km/h. Malgré la méchanceté des propriétaires de la route, qui encombraient le trajet en y répandant d’épaisses couches de pierres, la solidité des véhicules, chargés de passagers, faisait fi de ces futiles barrages, alors que les diligences à chevaux devaient s’arrêter. Mais… à force de braver ces obstacles, la roue arrière d’une voiture de la compagnie de transport cédât et fit pencher le carrosse sur la paroi de la chaudière. Cela provoqua une terrible explosion qui pulvérisa l’arrière de la machine et tua CINQ personnes. Ce fut le premier accident mortel de l’histoire de la locomotion qui eut lieu sur la route de Paisley, à cause de la bêtise humaine, le 29 Juillet 1834. De toute évidence, à la suite de ce massacre, l’exploitation de SCOTT-RUSSEL fut interdite.
1834 - ERA II de HANCOCK
Walter HANCOCK fut un des plus grands pionniers de l’automobile à vapeur, avec ses prédécesseurs Cugnot, Trevithick, Gurney et quelques autres. Il fut le premier qui prouva la rentabilité d’une exploitation routière mécanique, en triomphant de l’hostilité du grand public et même de celle des pouvoirs publics. Mais hélas, pas pour longtemps, puisque en Angleterre, les intérêts des compagnies de diligence à chevaux étaient tous puissants et bien protégés. HANCOCK commença ses travaux une décennie plus tôt, en réalisant plusieurs voitures très originales : Infant, l’Era I, L’Enterprise, l’Autopsy. Pour alimenter en transport les lignes qu’il avait créées, Walter HANCOCK construisit l’Era II qui fut envoyée dans la ville de Dublin, en Irlande, afin d’y accomplir plusieurs démonstrations. De retour en Angleterre, cette voiture fut présentée puis essayée devant un public massif à Reading, Malborough et Birmingham, durant l’été 1835. L’Era II, l’Autopsy et une nouvelle voiture, l’Automaton furent mise en service, en mai 1836, pour accomplir un trajet régulier Moorgate – Paddington. Après vingt semaines d’exploitation d’une ligne de 15 km, on constatait, le 20 Septembre, que les véhicules avaient couverts 6 758 km et transporté 12 761 passagers pour 712 trajets aller et retour, en ayant roulé pendant 6 heures par jour. Le succès de cette aventure envahissait HANCOCK qui se rendit vite compte que son enthousiasme n’était pas partagé par les pouvoirs public qui, poussés par une puissante coalition d’agriculteurs, de garçons d’écuries, de cochers, d’entrepreneurs de voitures et des vieilles dames de Cheltenham, l’obligeaient à renoncer, comme beaucoup d’autres l’ont fait avant lui.
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