Citroën Xsara

 

 

Présentation de la Xsara kit-car

 Quelques jours précédant l’ouverture de la saison, l’association a tenu à présenter le véhicule, avec l’appui de Citroën Guadeloupe, dans le show-room que la concession mettait à notre disposition, pour l’occasion.

Nous avions dissimulé la surprise sous un tissu satiné, de couleur rouge et dans une chorégraphie bien huilée, deux hôtesses avaient la tâche de découvrir la masse rouge d’où apparaissait la « Xsara kit-car ». A ce même instant, Olivier et Frédéric sortaient du public, vêtus de leur combinaison, tenant leur casque sous le bras, les remettaient aux hôtesses et poursuivaient en saluant chacun des membres du team, disposés en demi-cercle, autour de la partie arrière de la voiture et revenaient vers les hôtesses, afin de conclure la mise en scène. Par la longueur des applaudissements, nous percevions nettement, avant qu’on nous le confie, que nous avions réussi, la présentation de notre véhicule.

 Découverte de la Xsara 

A la première épreuve qui s’est déroulée sur une distance de 1,5km dans la côte de Caféière à DESHAIES, il faut avouer que l’organisation du team a été débordée par le nombre de fans qui voulaient s’approcher de la « Xsara kit car »,  toute récente en Guadeloupe. Nous sommes désormais obligés d’observer un périmètre de sécurité, à cause d’un incident relatif à la faiblesse d’un cric, dont les conséquences auraient pu être plus graves. Du point de vue performance, Olivier restait confiant, bien que n’ayant pas suffisamment fait corps avec cette nouvelle monture.

 Un autre atout majeur aurait pu jouer en notre défaveur :  l’incertitude du temps, qui a prédominé sur une grande partie de la journée. La première montée d’essai nous créditait d’un temps équivalent à 55’’22. Quand il a fallu entamer les montées de classement, dans l’après-midi, une pluie indésirable s’est affaissée, nous obligeant à chausser des pneus adéquats, qui se sont avérés inutiles du fait de l’assèchement rapide de la chaussée, avec en plus une contre-performance à 58’’.

A la deuxième montée de classement, après une intervention de l’équipe d’assistance qui avait remonté les pneus moulés, Olivier affichait un chrono de 55’’11, remportant ainsi cette première épreuve du championnat 2004.
Ravie de son introduction par une victoire, la direction de CITROËN Guadeloupe s’est empressée d’exhiber la « Xsara KIT CAR » dans son hall d’exposition, afin que la clientèle ait la possibilité de voir de près ce véhicule qui n’a jamais été facilement visible dans l’hexagone.

 Commentaires des différentes courses effectuées sur la Xsara :

 

Pour 2 centièmes de seconde… 

La deuxième course de côte de la saison se déroulait à Bananier et, dés les premières montées d’essai, Olivier s’imposait en escaladant le parcours de 1,5 km en 1’07’’44. Après la pause repas, les chevaux vapeur étaient libérés de nouveaux et à la première montée de classement, Olivier n’améliorait pas son chrono, mais demeurait le plus rapide.
A la deuxième montée de l’après-midi, comme tout le public l’attendait, Pierre Nègre, sur sa Ford Cosworth, ravissait la suprématie de la compétition, en 1’07’’48, reléguant Olivier à 2 centièmes de seconde.
A l’issu de l’ultime montée, quelques pilotes ont amélioré leur performance, mais les deux en tête de course, ayant été à la limite de leur possibilité et vu l’heure tardive à laquelle s’est déroulée la 3ème montée, le soleil ne baignait plus la chaussée à cause de la densité de la végétation, de cette façon, l’adhérence au sol devenait minimale.

La revanche

 Le 02 mai, lors de la troisième compétition qui se déroulait dans la côte du col des mamelles, très tôt les inconditionnels du sport automobile s’étaient massés tout au long du parcours. Tous attendaient le verdict de la bagarre que devaient se livrer Olivier et Pierre. Au cours des montées d’essai, Pierre Nègre affichait les meilleurs chronos. A la première montée de classement, la ligne de départ était sèche et à environ 1 km de l’arrivée, il pleuvait des cordes, ce qui a favorisé la Ford Cosworth avec ses 4 roues motrices. Au moment où le feu passait au vert, Pierre Nègre lançait la Cosworth, à la deuxième montée, tel un projectile et imposait 1’57’’82 qui semblait impossible à égaler, Olivier ayant gravi la côte en 1’58’28. Il était évident que la dernière tentative permettrait de connaître le vainqueur des mamelles 2004. Après un moment de concentration intense à passer en revue les erreurs commises, Olivier Badlou, au volant de sa « Xsara kit car », s’élançait, encore plus rageur, et descendait le chrono à 1’57’57, soit 25 centièmes de moins. Pierre n’améliorant pas cette performance, était classé second de la compétition. 

Le choc des fougueux 

Deux semaines plus tard, le 16 mai, l’ASAG organisait la course de côte de Borromée.  Très tôt le public accueilli en masse sur le circuit, dont l’entrée était gratuite, faisait déjà des pronostics dans l’inquiétude de l’absence de Pierre Nègre qui n’avait pas encore pointé au parc fermé. Les rumeurs laissaient entendre que la Ford aurait des problèmes. Ces médisances étaient vite désapprouvées, lorsque la Ford faisait son entrée au parc. Dès la première montée d’essai, la pluie faisait son apparition, certains pilotes libérés en temps sec affichaient les meilleurs chronos.
Toute la journée un temps pluvieux a prédominé et les pilotes les plus rapides se bagarraient à des centièmes de seconde d’écart, Olivier demeurant le plus véloce. A la dernière montée de classement, la chaussée avait séché, Olivier affichait 53’’76 le meilleur temps de la journée. Pierre Nègre s’appliquait avec un départ des plus fougueux et améliorait le chrono de 4 centièmes de seconde, le dernier à s’élancer était Michel Acari au volant d’une monoplace que l’on chronométrait à 53’’82, reléguant ainsi Edmond Bhiki à la 4ème place.
 

Le règne de la marque aux chevrons

 Vendredi 21 mai, en début de soirée, les véhicules engagés, au « Rallye de la Montagne », étaient attendus au parc fermé, dans le parking de Cama RENAULT, afin de satisfaire aux vérifications techniques. D’aucuns pensaient que la compétition aurait été annulée à cause d’une longue période de mauvais temps qui sévissait sur le département ; le ciel dégagé dans la région Basse terrienne faisait maintenir le premier rallye de la saison.
Le lendemain, les équipages étaient convoqués, afin de participer au briefing obligatoire, précédant le départ de la première voiture. Confronté à la dégradation de la portion de route délimitant l'Epreuve Spéciale dénommée « St-louis – Matoub
a », le collège des commissaires sportifs annulait cette spéciale qui devait être traversée, à 5 reprises pendant les deux jours de compétition.
 Débuté donc par la seconde ES : « Vieux-Fort – Dolé » sous une pluie soutenue, l’équipage Badlou/Pardo se montrait le plus rapide, devançant Vilmen/Ludomir de 16’’, Bhiki/Jacqua de 49’’ qui aurait été gêné par le véhicule de l’équipage Pradel/Pradel victime d’une sortie de route. 

Très rapidement, la pluie n’était qu’un souvenir, puisque le soleil a dominé afin d’augmenter la température de la chaussée. Certains engagés s’interrogeaient sur leur décision de ne pas sortir du parc fermé, persuadés que le mauvais temps persisterait toute la durée du rallye.

 Au cours de l’ES suivante qui se disputait à « Karata-Cousinière », le même équipage était encore victime d’une sortie de route, certainement due aux conséquences de la précédente et se voyait contraint à l’abandon. L’équipage Sargenton/Romain ayant crevé, était chronométré à 4’03’’, Bhiki/Jacqua à 3’11’’, Vilmen/Ludomir à 3’10’’ et Badlou/Pardo à 3’06’’. A l’issu de la troisième épreuve chronométrée, « Gd-Rivière-Cousinière », l’organisation n’était pas en mesure de communiquer les temps, faute  d’une fiabilité de chronomètre.
 De retour à « Vieux-Fort-Dolé » qui marquait le début du second tour, à la tombée de la nuit, Badlou/Pardo était toujours le plus rapide et distançait déjà Vilmen/Ludomir de 33’’, Bhiki/Jacqua de 1’08’’, Sargenton/Romain de 2’10’’.
Le deuxième passage dans « Karata-Cousinière », Bhiki/Jacqua arrivait avec un retard de 9’’, Vilmen/Ludomir de 11’’, Sargenton-Romain de 14’’, par rapport au 3’02 de Badlou/Pardo. 
Dans le dernier passage de la première manche, disputé dans « Gd-Rivière-Cousinière », muni de chronomètres adéquats, Badlou/Pardo  était pointé à 3’17’’, alors que  Bhiki/Jacqua et Vilmen/Ludomir  se présentaient respectivement sur la ligne d’arrivée 4’’ et 5’’ plus tard.

En rentrant au parc fermé, au soir de cette première manche, l’équipage Badlou/Pardo possédait 49’’ d’avance sur Vilmen/Ludomir, 1’21’’ sur Bhiki/Jacqua et 2’24’’ sur Sargenton/Romain.

 Le rendez-vous au parc fermé le dimanche matin était fixé à 7h.  Le soleil éclatant qui présageait d’une excellente journée, permettait de débuter les hostilités par l’ES « Karata-Cousinière » où l’équipage en tête continuait à s’imposer  en 2’55’’, Bhiki/Jacqua en 2’59’’, Vilmen/Ludomir en 3’00, Sargenton/Romain en 3’03’’

Mais la seconde spéciale de la matinée « Gd-Rivière-Cousinière » devait être fatale à l’équipage Bhiki/Jacqua qui arrachait un demi train-avant  de la « 306 kit-car ». Cette déconvenue les obligeait à abandonner, ôtant ainsi la pression sur  Vilmen/Ludomir  afin de mieux gérer  la deuxième place. Se sentant pousser des ailes, l’équipage de la « Saxo kit-car » faisait le scratch en 3’10, reléguant Badlou/Pardo à 1’’ et Sargenton/Romain à 4’’.

Au prochain passage dans « Vieux-Fort-Dolé », les occupants de la « Xsara kit-car », en pleine découverte de leur monture, étaient désireux de la connaître encore plus, surtout avec cette chaussée bien chauffée que leur accordait un soleil complice, alors qu’en d’autres localités, dans le département, la pluie avait le dessus. A cette expérience Olivier et Frédéric étaient comme des enfants ayant satisfait un désir, arborant un visage jovial, ils nous informaient du potentiel de cette auto qu’ils venaient de pousser à fond de six, sans une seule hésitation et qui leur permettait de réaliser 7’34’’, record battu, ce qui accroissait leur écart de 33’’ de plus, les équipages Vilmen/Ludomir et Sargenton/Romain établissant le même temps : 8’07’’. Malheureusement, la Mitsubishi pilotée par Thierry Sargenton refusait de sortir au point stop, la boîte de vitesses ayant décidé d’en rester là.

Le dernier passage sur l’ES traversant « Karata-Cousinière », Badlou/Pardo accélérait encore et améliorait le chrono de ce secteur en 2’49’’, soit 17’’ de mieux que Vilmen/Ludomir  qui sentait la seconde portée de main.
 L’épreuve spéciale qui devait clôturer ce « Rallye de la Montagne 2004 », passait par « Gd-Rivière-Cousinière » que la « Xsara kit-car » avalait en 3’10’’, précédant l’équipage Vilmen/Ludomir, sur « Saxo kit-car », pointé à 3’14’’
 Les abandons, en tête de course, favorisaient un équipage modeste et très régulier, Romuald/Romuald sur Mitsubishi, qui cumulait les troisièmes meilleures performances, et ainsi s’installait sur la troisième marche du podium.

  Grands-Fonds : le rallye surprise

 Le week-end des 18,19, 20 juin, le « Rallye des grands-Fonds » qui est le plus long et le plus prestigieux l’a été encore davantage, du fait de la bagarre que se sont livrés Citroën et Peugeot, avec respectivement une « Xsara kit-car » et une « 206 WRC », louée au  préparateur BBS. Les supporters des deux équipes ont fait des paris qui avaient tendance à angoisser les équipages qui sont demandeurs de ce genre de compétitions, où l’affrontement est de bonne guerre. Malheureusement, lorsque les surprises sont désagréables, l’enjeu n’est plus le même.
Au cours des vérifications techniques qui se déroulaient dans l’enceinte du siège de Citroën Guadeloupe, un public massif était présent autour des véhicules. Les spectateurs les plus mordus qui s’intéressaient à la tâche des commissaires techniques, remarquaient l’impossibilité de présenter un document important : la fiche technique de la 206 WRC.

Informés de cette anomalie, nous imaginions clairement que les surprises se succéderaient, d’autant que des rumeurs laissaient entendre que la présence de ce véhicule était le résultat d’un désir, même à ceux qui ne font plus partie du peloton, de casser la période faste de notre équipage, dont les victoires attisent une certaine jalousie. Il était évident que, désormais, le championnat demeurait plus précieux, et qu’il n’était plus question de livrer bataille contre un bolide, dont les renseignements techniques restaient secrets.

L’équipage Badlou/Pardo était au milieu de 4 roues motrices que pilotaient Nègre, Berville, Gabriel. Le jeu consistait à éviter les pièges et la casse, tout en tenant tête à cette armada qui avait la chance de participer à une édition des « Gds-fonds », dont les cordes étaient les plus empierrées ; à l’image de « Courcelle-Marly », l’épreuve spéciale du dimanche midi, très favorables aux 4 roues motrices.

Le ton était donné dès la première ES du samedi après-midi où la 206WRC s’imposait en 10’08’’, temps de référence de Badlou/Pardo, en 2003. Les 7’’ de retard de sur ce même secteur s’expliquaient par un état déplorable de la route à Vallera, dont on avait rempli les différentes ornières avec une qualité de tuf négligemment concassé, rendant le pilotage difficile en 2 roues motrices. Notons que des équipages ont été surpris par ce revêtement de fortune qui a été à l’origine de certains abandons, avant la fin de cette première spéciale.

Tout au long de ce rallye, la suprématie de la 206 WRC a été incontestable, il suffisait donc de faire la course avec les concurrents inscrits au championnat, en surveillant leurs performances, afin de ne pas se faire doubler et risquer de compromettre la place de leader, au regard du coefficient de cette épreuve.

Il faut noter que le caractère cassant de cette édition du rallye des Grands-fonds s’est avéré pénible pour les finalistes, dont les véhicules avaient subi de sérieux dommages.

La seconde place au classement scratch de l’équipage de la « Xsara kit-car » n’affectait en rien le team, d’autant que des informations, issues du milieu de la compétition dans l’hexagone, nous précisaient que le véhicule vainqueur de ce rallye était une « anti-kit-car ». Nous apprenions également que la minute, qui nous accordait la deuxième du podium, était un infime écart qui prouve bien l’excellent comportement de notre équipage.