Pour sa 24ème édition, la renommée de
cette épreuve phare du championnat n’a pas changée, son caractère
cassant s’est confirmé par les 8 abandons, et les 18 équipages qui
ont franchi la ligne de d’arrivée sont toujours les plus valeureux
et prennent une option sérieuse pour l’issue du championnat.
A u parc fermé du Vendredi, en début de
soirée, les vérifications ont été quelque peu houleuses, lorsque les
commissaires techniques, opérant d’habitude dans l’hexagone, ont
exigé une application stricte de la réglementation. Il n’a jamais
été question de défaut au sujet de la sécurité, mais de la
conformité de certains éléments qui n’ont pas droit d’exister sur
les véhicules incriminés. Pour exemple, David PALMONT n’aurait pas
dû monter sur une Ford Escort GR N tout le système de freinage d’une
Ford Sierra GR A. Pierre NEGRE devrait s’attendre à être pris en
défaut pour un manchon de turbo, depuis suffisamment longtemps
compromettant. Quant à Stéphane NEGRE, on lui a reproché d’être muni
d’un aileron AR qui ne répond pas au norme de sa Mitsu GR N, ainsi
que les disques de frein ventilés qui ne sont admis que sur les GR A
et de la fixation d’une barre qui semble attester la promotion en GR
A.
Au départ le Samedi, L’absence la plus
remarquée était celle de la SUBARU de l’équipage du VIP Racing,
privé de sa boîte de vitesses retenu au fret à l’aéroport d’Orly,
paralysé par un mouvement social, minimisant tous les embarquements
en soute, ne privilégiant que les médicaments et le périssable. La
venue des invités de la caraïbe, qui garantissaient un spectacle,
notamment en évoluant sur les spéciales Terre de CELCOURT/MARLY, a
été annulée à cause d’un retard de décision, dont la réponse est
intervenue après que le transporteur maritime ait quitté le port de
Port of Spain à Trinidad.
Le premier à subir la loi des Grands
Fonds a été l’équipage PALMONT/DAGNET, tributaire d’ennuis de
transmission, avant d’atteindre la première zone d’assistance de
sortie de parc.
Au cours de la première Spéciale,
les spectateurs, qui avaient vu évoluer toute la horde de bolides,
ont été surpris du rythme qu’imprimait l’équipage de la 306 kit car
piloté par Edmond BHIKI. On entendait des commentaires qui
disaient qu’il voulait d’emblée faire la différence, que les autres
devaient compter avec lui, et d’autres plus sereins affirmaient que
le but est d’arrivée entier pour connaître la victoire. Ceux-là
avaient raison, puisque une courbe n’a pas accepté la fougue de
l’équipage qui a fait les frais de cette témérité, en quittant
spectaculairement la route, ce qui s’est soldé par une luxation de
l’épaule gauche du pilote, sans compter l’état désastreux du
véhicule. Le plus important c’est que les vies soient sauves. On a
remarqué également l’abandon de DERIEMEONT/GUERRIERO, dont la
SEAT a connu des ennuis de pompe à essence.
Sur la ligne d’arrivée, l’équipage NEGRE/LEFI affichait 4’21’’, PRADEL/PRADEL et NEGRE/BARBIS 4’23’’. Les choses sérieuses commençaient pour
certains puisque 13’’ séparaient déjà l’équipage PARDO/CHARNEAU,
sur Clio R3, de BAZILE/ROTH sur Clio Super 1600 qui pointait
à 4’44’’.
A l’issue de l’ES2, deux équipages
ne parvenaient pas à joindre l’arrivée, ABENAQUI/DUFLO sur
Clio, pour être sortie de la route et pulvérisé le véhicule, alors
qu’il avait le onzième meilleur temps (5’01’’) et ROMUALD/ADELAIDE,
embarqué dans une Mitsubishi Lancer évo 6 qui avait été chronométré
en neuvième position en 4’49’’, dans la spéciale précédente.
Les 8,500 km Grands-Fonds/Vallerat ont
été couvert en 5’05 par NEGRE/BARBIS, reléguant PRADEL/PRADEL à 3’’, PARDO/CHARNEAU à 4’’, NEGRE/LEFI à 9’’ et la 206 RC de J/Michel POUVIN à 10’’.
A cette édition 2007, des équipages qui
n’avaient jamais connus le désarroi ont touché du doigt la
frustration de l’abandon. En pleine évolution dans l’ES3, le
capot moteur, de la 106 embarquant l’équipage LUDOMIR/HUYGUES DES
ETAGES, aidé par le vent, s’est levé, a étoilé le pare-brise et
contraint à l’arrêt immédiat. POUVIN, au volant de sa 206 RC,
dans une prestation dont on connaît la précision, a été trop sur le
fil et n’a pas poursuivi l’effort en tapant violemment sur le côté
gauche de la chaussée, renvoyant le véhicule, comme une balle, se
garer de l’autre côté, avec les stigmates d’une collision sans
gravité. Plus de peur que de mal, mais les réparations sont d’usage.
A l’arrivée des 8 km de spéciale, on retrouvait l’équipage NEGRE/BARBIS qui récidivait en étant le plus rapide, en 4’47’’, PRADEL/PRADEL 4’48’’, NEGRE/LEFI 4’’49’’. Déjà, la bagarre entre TEL/LUTIN et BARRIERRE/ALEXIS, qui avait changé de
copilote avec le même nom, était engagée. On retr ouvait les équipages de milieu de
classement, aux positions habituelles : PARDO/REIMONENQ – LUDOMIR/GUSTAVE
– GERAN/ANGOSTON – LOUIS/KANCEL.
A u cours de l’ES4, cette première
étape prenait une autre physionomie, l’équipage NEGRE/BARBIS qui avait pris le commandement de la compétition s’est vu ralentir
sur crevaison, faisant fondre son avance et pointer avec 1’08’’ de
retard sur NEGRE/LEFI qui faisait le scratch en 4’46’’, suivi
de PRADEL/PRADEL 4’48’’, PARDO/CHARNEAU 4’50’’, NEGRE/GUSTAVE 4’55’’ et LUDOMIR/GUSTAVE 4’59’’.
La neutralisation de l’ES5 refroidissait
l’élan des concurrents et les conduisait au départ de l’ES6,
au cours de laquelle les rampes de phares étaient obligatoires.
Certains n’en avaient pas vu l’utilité mais n’avaient pas la
visibilité indispensable en compétition. C’est ainsi que le plus
rapide a été PARDO/CHARNEAU en 6’00’’, précédant PRADEL/PRADEL de 3’’, NEGRE/LEFI de 7’’, NEGRE/BARBIS de 9’’, BAZILE/ROTH de 17’’.

L’ES7 étant également neutralisée,
l’organisation attendait les équipages au parc fermé, avant de
proclamer les résultats de la première étape qui classait, dans
l’ordre :
1-PRADEL/PRADEL, 2-NEGRE/LEFI, 3-PARDO/CHARNEAU, 4-NEGRE/BARBIS,
5-NEGRE/GUSTAVE, 6-PARDO/REIMONENQ.
La deuxième étape du Dimanche semblait
sourire à l’équipage PRADEL/PRADEL qui sentait venir une
victoire, d’autant qu’une pesée des véhicules pénalisait d’une
minute l’équipage NEGRE/LEFI dont la Ford Escort n’était pas
au poids, de moins 8 kg.
Comme pour manifester son désir, le
pilote de la Mégane confirmait par une attaque, très tôt le matin,
en s’imposant dans l’ES8, explosant le chrono de la veille,
en 4’42’’, soit 5’’ de mieux. L’équipage engrangeait 3’’ de plus sur NEGRE/BARBIS et NEGRE/LEFI, 7’’ sur PARDO/CHARNEAU et 18’’ sur PARDO/REIMONENQ dont la Fiesta semblait plus
apprivoisée et permettait de garder le contact avec les plus
affûtés. Dans le challenge 206, BARIERRE/ALEXIS prenait
sérieusement les choses en main, en distançant son principal
concurrent. Les autres COLAS/ALLANI, BUCHHOLZER/LERONDEAU, MEDAS/ANDRE.
A l’arrivée de l’ES9, NEGRE/LEFI et PRADEL/PRADEL ont fait jeu égal, en pointant à 5’02’’,
repoussant NEGRE/BARBIS à 1’’, PARDO/CHARNEAU à 4’’, BAZILE/ROTH à 16’’. L’équipage MEDAS/ANDRE établissait
le meilleur temps au sein du challenge 206, en signan t le 8ème temps scratch à 25’’ du
premier. Dans la deuxième moitié du classement, on retrouve CHAILLY/CHAILLY – ROCHE/SYTADIN – ZENON/CLEMENT – MONTOUT/NADIR et COLAS/ALLANI, ayant perdu son
pare-choc avant, arrivait avec 4’’ de retard.
L’ES10 a modifié la r égularité de certains équipages, comme MONTOUT/NADIR qui s’est trouvé à l’aise au passage dans
Château-Gaillard /Cocoyer, en signant le 15é meilleur chrono, en
revanche, LOUIS/KANCEL, qui toujours régulier, se présentait
en dernière position, avec un retard de 3’25’’, il en a été de même
pour NEGRE/LEFI, à la Huitième place, à 29’’ de la Mitsubishi
évo 9 qui a eu le meilleur temps, devançant la Mégane de 2’’.
La Clio R3 prenait la troisième place, à 11’’, la Clio super 1600 à 16’’ et la Clio de LUDOMIR/GUSTAVE à 19’’. Notons
l’excellent neuvième chrono de GERAN/ANGOSTON aux commandes
d’une Clio Williams dont la BV a accordé un rallye de bout en bout.
Le dernier passage dans Pliane /Barot, l’ES11,
donnait des ailes à PRADEL/PRADEL qui tenait toujours à
empocher son premier Rallye des Grands-Fonds. Il fait le forcing en
ajoutant à son crédit une huitaine de secondes supplémentaires,
précédant NEGRE/BARBIS qui réalisait 4’48’’. Suivent NEGRE/LEFI 4’49’’, PARDO/CHARNEAU 4’50’’, BAZILE/ROTH 4’53’’ et LUDOMIR/GUSTAVE 5’01’’. L’équipage MONTOUT/NADIR n’a
pas passé la ligne d’arrivée, à cause d’une crevaison qui a pénalisé
la suite de sa compétition.
La Mégane, La Mitsu évo 9 et la Ford
Cosworth jouent au chat et à la souris, mais quand PRADEL/PRADEL ne
fait pas le scratch, il est en embuscade à la seconde place, afin de
contrôler tout ce qui se passe en tête de course. L’ES12 a
été réglé par NEGRE/BARBIS qui retranche 1’’ au capital des
occupants de la Mégane kit car. PARDO/CHARNEAU accroché au
pare-choc des plus rapides, ne les laisse pas échapper et concède
5’’, NEGRE/LEFI 6’’, BAZILE/ROTH 14’’ et PARDO/REIMONENQ 17’’. Précisons qu’au sein du challenge 206, BARRIERE/ALEXIS poursuit sa domination, en s’octroyant presque toutes les spéciales.
Au Fil des passages, on admirait la
persévérance de l’équipage ZENON/CLEMENT, dont la Clio RS n’a jamais été performante, n’utilisant que deux ou trois cylindres.
Le comble a été d’être victime d’une crevaison et d’en être
pénalisé, parce qu’aucune aide de l’assistance n’est plus possible.
Des minutes se sont égrenées, lorsque le pilote et sa copilote sont
parvenus courageusement à reprendre le cours du rallye.
A l’issue des 6,900 km de l’ES13,
Château-Gaillard/Cocoyer, PRADEL/PRADEL accroît son avance à
l’approche des spéciales terres qui seront dominées par les quatre
roues motrices. Avec 3’39, l’équipage de la Mégane kit car s’éloigne
encore de 5’’ de NEGRE/BARBIS, 11’’ de NEGRE/LEFI,
12’’ de PARDO/CHARNEAU, 19’’ de BAZILE/ROTH et LUDOMIR/GUSTAVE, 21’’ de NEGRE/GUSTAVE, 25’’ de PARDO/REIMONENQ,
36’’ de GERAN/ANGOSTON,
Si la portion terre de l’ES14 crée
une appréhension chez certains équipages, le public est toujours
demandeur, malgré la densité du nuage de poussière que déploie
chaque véhicule. Le moment est intense à l’approche et au passage
des bolides, dont quelques-uns sont admirablement contrôlés, avec
des dérapages qui font frissonner un public en attente de sensations
fortes.
Au premier passage, NEGRE/BARBIS
et NEGRE/LEFI ont été ex-æquo, en 1’40’’, PARDO/CHARNEAU réalisait 1’43’’, PARDO/REIMONENQ 1’44’’, TEL/LUTIN 1’51’’, CHAILLY/CHAILLY et PRADEL/PRADEL 1’53’’, BAZILE/ROTH et LUDOMIR/GUSTAVE 1’54’’, GERAN/ANGOSTON et NEGRE/GUSTAVE 1’57’’.
L’ES15 qui reconduit le même
exercice que la spéciale précédente, favorise les plus expérimentés
de la conduite sur terre, qui ne sont pas éloignés de la tête du
classement, à refaire leur retard, voire améliorer leur position.
Au deuxième passage, NEGRE/BARBIS devançait tout ses concurrents et distançait PARDO/REIMONENQ de 5’’, NEGRE/LEFI et PARDO/CHARNEAU de 6’’, LUDOMIR/GUSTAVE de 13’’, TEL/LUTIN de 14’’, PRADEL/PRADEL de 15’’, BAZILE/ROTH de 16’’, BARRIERE/ALEXIS de 17’’, ROCHE/SYTADIN de 19’’.
L’ES16 étant neutralisée, la direction de
course conviait les équipages à se rendre au parc fermé où, à la
proclamation des résultats, le tandem PRADEL/PRADEL a été
sacré vainqueur de Rallye des Grands-Fonds 2007.
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