RALLYE KARUKERA
les 27 et 28 Octobre 2007
Les services de la météorologie avaient
annoncé un temps maussade et la réalité n’a pas démenti. Pendant toute la première étape du Samedi, qui
comptait 6 épreuves chronométrées, les trombes d’eau n’ont pas cessé de perturber le bon déroulement de
la compétition, comme pour bénir cette 20è édition. Ce climat
désastreux n’a pas découragé les irréductibles qui se sont armés
d’imperméables et parapluies pour venir applaudir et encourager
ceux qui faisaient le spectacle, qui a été à la hauteur des
conditions atmosphériques.
Le passage sur les deux premiers secteurs
chronométrés s’est effectué en file indienne, à cause de
neutralisation. En début d’après-midi, une compétition de marche sur
la nationale, pendant vingt-huit heures d’endurance, empruntait le
circuit en sens inverse. Cette manifestation a
d’abords retardé les équipages au pointage du premier parc
d’assistance, ce qui faussait le temps imparti par les autorités
préfectorales, pour disputer l’ES1, La Rose/Bergette.
Dans l’’ES2, Pliane/Blanchard, les Gr N étaient lâchés
et donc les spectateurs commençaient à être satisfaits, lorsqu’un
aquaplaning conduisait l’équipage BUCHHOLZER/LERONDEAU a
traversé un monticule de terre, sur le bas-côté, et s’immobiliser
juste après, la même flaque d’eau déroutait MOUTOUSSAMY/DE
BOISROLLIN dont le véhicule stoppait derrière le précédent.
Arrive ensuite la C2 de VI LMEN/NAZARIN qui arrêtait sa
course en tapant les deux autres et tentait de repartir, mais le
mécanisme d’une roue étant endommagé imposait l’abandon de ce
véhicule. Les équipages de la FIESTA et de la 206 RC,
qui étaient déjà à l’attaque, passaient, en ébranlant le lot de
trois voitures, dans l’incapacité de se mouvoir, et poursuivaient
leur progression dans le rallye. La Mitsubishi
embarquant LOUIS/KANCEL a été également victime de la flaque
d’eau, qui l’a dirigé vers un poteau qui a été sectionné, sous la
violence du choc, et en tombant, abîmait la carrosserie de la Clio
de MOUTOUSSAMY/DE BOISRILLIN.
L’organisation fait donc appel à la dépanneuse et était obligée de
neutraliser cette ES2, privant les autres bolides d’entamer leur
rallye.
L’ES3, Chazeau/Coma, Permettait de parcourir, de bout en bout, un
secteur chronométré et donnait ainsi l’opportunité de mesurer les
capacités de chaque équipage sous la pluie, qui ne s’est jamais
arrêté de tomber. L’équipage BADLOU/ALTIS sur SUBARU WRC
s’imposait en 5’52’’, devançant NEGRE/BARBIS 6’08’’, BHIKI/MODETTE 6’10’’, PARDO/CHARNEAU 6’19’’, NEGRE/LEFI 6’24’’.
L’ES4, La Rose/Bergette,
que le rallye ne devait peut-être pas officier, a été neutralisé
toujours pour des questions de sécurité de riverains, réunis à
l’occasion d’une veillée mortuaire, située dans une habitation, sur
le circuit de la compétition.
L’ES5, Pliane/Blanchard,
qui était l’avant dernière épreuve de la première étape, redonnait
aux équipages le goût à la compétition. Toujours pluvieux, le temps
laissait une chaussée gorgée d’eau avec laquelle les véhicules
devaient compter pour parvenir à établir les performances qui les
classait, selon les catégories. BADLOU/ALTIS récidivait en
8’’45’’ et devançait BHIKI/MODETTE de 22’’, PARDO/CHARNEAU 23’’, PARDO/REIMONENQ 26’’, NEGRE/BARBIS 33’’. BARRIERE/ALEXIS tenait déjà le haut du classement du challenge
206, en gardant TEL/LUTIN à distance.
Au terme de l’ES6, Chazeau/Coma,
dernière manche de la première étape, on s’apercevait que la SUBARU
WRC de BADLOU/ALTIS passait bien entre les flaques et les
rigoles d’eau, puisque la pluie était toujours au rendez-vous et ne
semblait pas donner de répit. L’équipage PARDO/CHARNEAU était comme un poisson dans l’eau, tant la pluie ne le gênait pas,
il établissait 6’17’’, soit 17’’ de plus que la SUBARU, 1’’ de mieux
que BHIKI/MODETTE et 4’’ de mieux que NEGRE/BARBIS. A
la fin de cette première étape, POUVIN et sa 206 RC se
tiennent dans le top six, surveillé de près par NINOU/CHEENNE sur Mitsubishi Lancer évo 6.
En rentrant au parc fermé, PARDO/CHARNEAU comptabilisait un retard de 1’07’’ sur BADLOU/ALTIS. NEGRE/BARBIS 1’10’’, BHIKI/MODETTE 1’18’’, NEGRE/LEFI 1’44’’. LUDOMIR/GUSTAVE DIT DUFLO qui avait
une sérieuse option sur la plus haute marche du podium, a été
victimes d’ennuis qui le ramène à 3’09’’ de retard.
Le lendemain, le temps présentait une
clémence que l’on n’attendait pas et qui avait peine à croire. Les
équipages hésitaient à chausser les « pneus moulés », craignant un
sursaut du mauvais temps. Mais il y avait trois spéciales à faire
avant de revenir au parc d’assistance, il fallait donc prendre une
décision et la bonne. Dans la grande majorité les véhicules ont
roulé en « moulé », et c’était le mieux à faire, puisque le temps
restait masqué, mais la pluie s’est retenue, durant toute la durée
de la seconde étape.
Seules 16 équipages avaient le droit de repartir le dimanche
matin. Certains ont été victimes de panne, d’autres ont été surpris lorsque la réglementation a du être
appliquée. C’est le cas de MOUTOUSSAMY/DE BOISROLLIN qui,
lors de leur déboire dans l’ES3, a pointé au-delà des 15 mn, c’est
une mise hors course. LOUIS/KANCEL a été contraint de mettre
en conformité l’utilisation de la portière endommagée, au cours de
l’incident, toujours dans l’ES3. La précision du timing ne lui a pas
accordé de tolérance, malgré la diligence de l’assistance.
L’équip age NEGRE/BARBIS était d’attaque
dans l’ES7, Durivage/moreau, et affichait le deuxième
chrono, en 5’49, soit 5’’ de plus que BADLOU/ALTIS et 5’’ de
mieux que BHIKI/MODETTE et PARDO/CHARNEAU. La 206 RC
de POUVIN avait distancé PARDO/REIMONENQ que l’on
trouvait en bas du classement, pointant à près de 13mn après le
leader, à cause d’une crevaison qui pénalisera tout espoir de
remontée.
En milieu de classement on trouvait Henri NEGRE et Robert
LUDOMIR copilotés par les sœurs GUSTAVE dit DUFLO, mais
en bas DERIEMEONT/BELTOU et GERAN/VITALIS conservent
une régularité qui ne les propulse pas à un autre rang.
La fougue anime cette étape du Dimanche
matin qui semble moins contraignante que la veille, grâce à une
chaussée plus praticable et des pneus qui rassurent les équipages
dans le pilotage de leur véhicule. A la vue des résultats de l’ES8, Lamarre/Douville, on s’aperçoit nettement que les plus
téméraires retrouvent les automatismes, c’est le cas de l’équipage
de la 206 RC et celui de la Clio R3 qui passent la
ligne d’arrivée, dans le même temps, 3’55’’, récupérant ainsi 1’’ sur la 306 KIT CAR et
la SUBARU. Ils relèguent la MITSUBISHI évo 9 au
cinquième rang de la spéciale, à 3’’. Dans Le challenge 206, TEL/LUTIN réalise le même chrono que les NEGRE, Henri et Pierre,
et parviennent à retrancher 1’’ au capital temps de BARRIERE/ALEXIS.
L’équipage COLAS/ALLANI se maintient dans son
rang et s’accroche sans décrocher, à mettre en évidence l’école de la
terre. Il gratifie le public d’un spectacle, à chaque fois que cela
leur est possible. Les filles du challenge, d ans leur 206 XS, font une course à un
rythme sécurisant, pour terminer le rallye, ce qui est valorisant
pour un équipage. En revanche, la Clio de Robert LUDOMIR qui
a déjà perdu les ailes avant, refuse les injonctions de l’équipage
qui veut à tout prix figurer au classement définitif. Le plus déçu a
été l’équipage qui avait la ferme impression que leur Clio aurait
tenu jusqu’au bout, ne présentant aucune faiblesse, tout au long de
la première étape ; au milieu de la spéciale une transmission a
cédé.
Apparemment
blessé dans son orgueil et contraint d’adopter une autre stratégie
pour la suite de la compétition, l’équipage NEGRE/BARBIS tient à dominer la pression qui favorisait une remontée de
l’équipage de la Clio R3. Les occupants de la SUBARU préférant gérer
en préservant la mécanique, ont ouvert la porte, et les jeunes loups
se bousculent pour pointer leur nez en haut du classement de l’ES9, Vallerat/G rands Fonds. Les résultats ne se
sont pas fait attendre, à l’examen du classement, la Mitsu évo 9,
bien que particulièrement laborieuse à la sortie de certaines
épingles, s’est imposée en devançant la Clio R3 de 4’’, la 306 kit car de 7’’, la SUBARU de 9’’, la 206 RC de
14’’. La Fiesta de PARDO/REIMONENQ donnait des frissons dans
le public qui appréciait la détermination de l’équipage, tentant de
limiter la casse. Dans le même élan, on constatait que TEL/LUTIN ne démordait pas et pointait à 1’’ avant la BMW de NEGRE/GUSTAVE
dit DUFLO et reprenait 5’’ à son principal rival, BARRIERE/ALEXIS.

Le soleil ne revenait toujours pas, mais
les conditions de pilotage sur la route asséchée rythmaient la
prestation des équipages qui prenait de plus en plus goût terminer
ce rallye. En limitant sa gestion de la course, BADLOU/ALTIS remettait une couche, afin de rester dans la cadence et s’imposait
dans l’ES10, Durivage/Moreau, reprenant ainsi 1’’ à NEGRE/BARBIS, qui semblait déterminé à monter sur la seconde
marche du podium de ce rallye, 3’’ à BHIKI/MODETTE, 9’’ à PARDO/CHARNEAU, 17’’ à NEGRE/LEFI, 20’’ à NINOU/CHEENNE,
22’’ à NEGRE/GUSTAVE dit DUFLO. La Fiesta de PARDO soustrayait 21’’ en pointant d’autant à l’arrivée, devant la 206
RC de POUVIN.
Comme résignés, les équipages réalisaient
des chronos identiques, dans l’ES11, Lamarre/Douville.
C’était le cas de BHIKI/MODETTE et BADLOU/ALTIS qui
réalisaient 3’47’’, ainsi que NEGRE/BARBIS et PARDO/CHARNEAU 3’49’’. En revanche, Vincent PARDO pointait en cinquième
position, devançant Henri NEGRE et Jean-Michel POUVIN de 1’’ et Philippe NINOU de 8’’.
L’ultime effort, dans l’ES12, Vallerat/Grands Fonds, a permis de terminer en panache.
L’équipage PARDO/CHARNEAU passe la dernière ligne d’arrivée
après 5’20’’ de concentration, reléguant BHIKI/MODETTE à
7’’, NEGRE/BARBIS à 9’’, BADLOU/ALTIS à 13’’, Jean-Michel POUVIN et Vincent PARDO respectivement 21 et
23’’ . BARRIERE et TEL, au volant de leur 206 XS, ne
parviennent pas à se départager et pointent tous les deux à 6’04’’.
L’ensemble du VIP Racing qui craignait
de ne pas pouvoir participer à ce 20è rallye Karukéra est d’autant
plus ravi que la SUBARU ait été fiable, tout au long de la
compétition, permettant à Olivier BADLOU et Thierry ALTIS de la
mener sur la plus haute marche du podium. |