Cette édition de la course de côte de
Borromée a été marquée par l’absence de Olivier BADLOU. Le public
informé, ne savait pas si une sanction lui avait été infligée ou si
un ennui mécanique privait le pilote d’une participation pour
laquelle il avait ses chances de prouver sa forme. La vérité est
machiavélique : pour se frayer un chemin en direction du podium, un
licencié, qui abuse des avantages de son activité professionnelle
pour tenter d’exceller dans ses hobbies et pratiques sportives,
s’est rabaissé en adressant un courrier à la Fédération, dont les
termes insistent sur le fait qu’une WRC lui fait de l’ombre, en
participant aux courses de côtes régionales. Il est vrai que depuis
le début de la saison, le pilote du « VIP racing » avait été informé
des nouveaux textes qui prévoyaient d’exclure sa SUBARU aux
compétitions régionales. Vu la situation géographique de l’île, le
nombre restreint de participants, à chacune des compétitions et
l’engouement du public d’admirer les prestations de la SUBARU WRC,
l’application de cette clause administrative demeurait tolérante.
Mais face à cette délation, la FFSA ne peut que sévir,
ignorant la tournure que réserve l’expéditeur du courrier ; attendu
que la FIA n’hésiterait pas à intervenir et trancher
sévèrement.
En conséquence, l’ASA organisatrice a préféré refuser la
participation de BADLOU, pour des questions de couverture
d’assurances, afin de mieux négocier, si cela est possible, la
réintégration de ce véhicule spectaculaire, dont la prestation ravie
de plaisir, toute l’assistance qui n’a cessé de s’interroger.
Le délateur a délibérément entrepris cette action et en effectuera
d’autres, jusqu’à être le seul participant à une compétition qu’il
n’est pourtant pas certain de gagner. Il n’est pas donné à tout le
monde d’être un compétiteur aguerri, et parvenir à la victoire.
La
compétition en elle même s’est bien déroulée, si ce n’est la pluie
qui a fait une apparition et refroidi tout le monde. Les pilotes
ont été privés de performance pendant la première montée de
classement, la chaussée étant noyée, comme l’a été le circuit de F1
au Japon, pendant tout le grand prix qui s’y est déroulé, la nuit
dernière.
Toutefois,
le début de la compétition a donné le ton de ce que serait la
journée, puisque la pluie ne s’étant pas encore imposée, sept
pilotes ont amorcés en signant des temps en dessous de la minute : Robert LUDOMIR 59’’79, Edmond BHIKI 56’’71, Jean-Pierre VILMEN 58’’32, Frédéric PARDO 59’’60, Frantz PRADEL 56’’91, Pierre NEGRE 55’’28, Thierry
LEBRAZIDEC 57’’35. Au sein du challenge 206, David BARRIERE a été le plus rapide en 1’06’’35.
Au
cours de la Série suivante, les nuages leur donnaient toujours
l’opportunité de peaufiner leurs marques, avant l’entame des choses
sérieuses. Là encore, les mêmes montures parvenaient à récidiver et
pointer en dessous de la minute, en incluant Stéphane NEGRE qui améliorait de plus de 4 secondes et affichait 57’’07. Alain
OCTAVIE réduisait son temps de 4’’73, en franchissant la ligne
d’arrivée en 1’03’’74. L’ensemble des pilotes avaient revu à la
baisse le temps de g rimpette
de cette côte. Le plus rapide était Thierry LEBRAZIDEC, au
volant de sa monoplace, propulsée par un moteur Honda VTEC de 2
litres de cylindrée, qui l’imposait à couper la ligne en 53’’54.
Mais…
Mais la pluie avait averti de sa venue et n’a pas manqué son
rendez-vous. A l’orée des montées de classement, l’eau ruisselait
sur la chaussée, tous les repères pris s’avéraient obsolètes ; les
pilotes ayant négligé les pneus pluie, se sont vus totalement
désavantagés. Les deux monoplaces, celles de LEBRAZIDEC et OCTAVIE, n’ont pas pris part à cette douche assurée. Deux
pilotes seulement ont conduit leur bolide en s’interdisant la
minute, il s’agit de Edmond BHIKI, aux commandes de sa 306
kit car revue et corrigée, en 59’’11 et Pierre NEGRE qui a
fait corps avec son Escort Cosworth, en 57’’96. Tous les autres
avaient la minute comme base, le mauvais temps ayant augmenté les
chronos dans une moyenne de 6’’5.
La
pluie fut intense, mais après avoir bien détrempé le circuit,
s’arrêtait pour permettre que les engagés poursuivent une journée
sportive, comme on les aime. Evidemment, les pilotes retrouvaient
leurs automatismes, les performances réactivaient le chronométrage.
Les passages les plus spectaculaires et applaudis ont été ceux
effectués par Cédric TEL, tout à fait en glisse, ainsi que la
C2 super 1600 de Jean-Pierre
VILMEN qui, pour ses premiers kilomètres, enthousiasme le
public. Sébastien BEILLEVERT signait son meilleur chrono en
1’06’’71, même opération pour Jean-Michel POUVIN, en
1’01’’43, David ZENON qui avait quelques petits ennuis
d’embrayage effectuait 1’05’’11, Michel MOUTOUSSAMY 1’04’’71, Christophe ARTIERE 1’03’’11, Thierry LEBRAZIDEC 55’’87, Alain OCTAVIE 1’01’’31, Pierre NEGRE 54’’73.

A la
dernière tentative, chacun avait droit de penser que gravir la pente
une ultime fois, devrait être la bonne pour se placer devant le
concurrent le plus gênant dans sa catégorie. C’était le cas de Henri NEGRE qui a supplanté Robert LUDOMIR de 18
centièmes, en se positionnant en dessous de la minute, en 59’’38. Jean/Pierre VILMEN continuait à s’appliquer et imposait un 57’’07. En 1’06’’63, Grégory BUCHHOLZER régulier, réglait le challenge 206, en
1’05’’89. Vincent PARDO fini en 1’03’’19, alors qu’aux essais
il établissait 7 centièmes de mieux. Frantz PRADEL faisait
encore un effort, toujours pour éviter l’assaut final de la Gr N de Stéphane NEGRE, et pointait avec 37 centièmes d’avance. La
Clio R3 de Frédéric PARDO a également attendu le
dernier effort pour s’affirmer en 58’’95. Même s’il se réserve pour
le prochain rallye, 56’’19 c’est le meilleur chrono de Edmond
BHIKI qui a retrouvé les sensations. 
Suspicion
ou hasard, les officie ls
ont effectué la pesée des véhicules de Edmond BHIKI, Frantz PRADEL, Stéphane et Pierre NEGRE. Après ouverture
du capot moteur des deux derniers, il s’est avéré qu’aucune anomalie
n’a été détectée. Il s’en est suivi la proclamation des résultats
qui n’avait subi aucune modification, quant aux performances
respectives de chacun compétiteur. |