Rallye de Goyave
16-17-18 Mai 2008
Ce week-end des 17 et 18 Mai 2008, les aficionados de Guadeloupe, Martinique et Guyane étaient invités à vivre les prouesses des pilotes de chacun des ces trois départements français d’Amérique, évoluant au sein du rallye organisé sur chacune de ces localités d’Outre-Mer.
En Guadeloupe, c’est l’ASA Caraïb, fortement épaulée par l’association El Toro, qui organisait le Rallye National de Goyave, avec une forte participation financière de la concession Cama Renault. Cette compétition attendait 24 équipages, mais les trois désistements de Zénon/Kancel, Urie/Urie et Badlou/Altis ramenaient d’autant le nombre de véhicules au départ.
En l’absence de l’équipage de la Subaru WRC, vainqueur de l’édition précédente, 21 véhicules avaient répondu à l’appel de l’ASA organisatrice, et c’est ainsi que les Bhiki/Barbis, Pradel/Moutoussamy, Pardo/Charneau, Ninou/Ludomir partaient à l’assaut du podium sous la surveillance de Vilmen/Nazarin, Négre/Lutin, Pyram/Roth qui possédaient toutes les aptitudes pour contrôler toute suprématie.
Les équipages étaient convoqués en tout début d’après-midi, dans le but de participer au briefing et de permettre que la première voiture quitte le parc fermé à 13h15.
L’ES1 a débuté sur les chapeaux de roues et déjà l’équipage SAINT-ANDRE/JEAN-JOSEPH s’inscrivait dans la liste des abandons, sur problèmes mécaniques. Les rescapés prenaient leurs premières marques et PRADEL/MOUTOUSSAMY sur la Mégane du Gwad donnait le ton, en signant le premier scratch, en 2’30’’, suivi de la 306 kit-car de BIKHI/BARBIS à 1’’, la Mitsubishi GrN de NEGRE/LUTIN à 2’’, la Citroën C2 de VILMEN/NAZARIN à 4’’, la Mitsubishi GrA de NINOU/LUDOMIR à 4’’, la Clio R3 de PARDO/CHARNEAU à 5’’, la Fiesta de PARDO/REIMONENQ à 7’’. Quant à l’équipage PYRAM/ROTH qui était en train de faire corps avec la SUBARU GrA, il pointait à 2’37’’9.
A l’arrivée de l’ES2, on constatait que ceux qui avaient des sérieuses options sur l’issue de ce rallye, devaient absolument mettre les bouchées doubles, parce que des performances inattendues pourraient changer toues les donnes. Par rapport au schéma de la première spéciale, PYRAM/ROTH poussait la SUBARU GrA pour la faire pointer plus vite que tous les autres. En affichant 4’00’’2, il distançait la 306 kit-car de 4/10 de seconde, la Mégane de 1’’1, la Clio R3 de 1’’9. PARDO/REIMONENQ qui arrivait en 5ème position, réalisait le temps de 4’05’’, VILMEN/NAZARIN, 6ème , 4’05’’3, NEGRE/LUTIN suivait à 1’’5. En milieu de classement, POUVIN/LEFI semblant déjà vouloir s’emparer du Gr F2000, LOUIS/SYTADIN, à bord de leur Mitsubishi Lancer GrN, avait la prétention de décrocher une place honorable au général. CORVO/BALON et la 106 s’accrochait, tandis que le nouvel équipage DARA/LANCELOT, au volant d’une Ford Escort Cosworth GrN, très encouragé par un fan club, se sentait déjà diminué par des ennuis de Boîte de vitesses, ce qui l’emmenait à l’arrivée avec 1 minute de retard.
Le round d’observation ne serait plus d’actualité, à l’issue de l’ES3 qui conduisait la horde sur le même circuit que la première spéciale. On voyait s’imposer l’équipage PRADEL/MOUTOUSSAMY en 2’29’’ suivi de NEGRE/LUTIN en 2’31’’, PYRAM/ROTH et BIKHI/BARBIS en 2’32’’. Le second du F2000, Joseph LUDOMIR, au volant de sa 206, faisait des prouesses en exploitant son véhicule, à la mesure de son excellente préparation. BARRIERE/CLEMENT étalait son savoir faire à bord de la 206 RC qu’il a hérité, en remportant le challenge 206, mais ne se sentait pas encore tout à fait à son aise. DERIEMONT/ALEXIS et CHAIILY/BELTOU faisaient leur compétition en donnant l’impression de rivaliser entre eux, ce qui fait que leur passage avait du rythme. La 206 de l’équipage BUCHHOLZER/CHAILLY avait des apparitions toujours spectaculaires, surtout en sortie de courbes. L’équipage PEROUMALKAN/ANDRE conservait depuis le début, une position dans le troisième tiers de classement, mais victime d’ennuis mécaniques, à cause d’une transmission défaillante, était contraint à l’abandon, léguant sa position à la 309 GTI de BEAUVARLET/MOUROUGOIN qui manquait un peu de punch.
A ce moment de la compétition, un classement provisoire classait l’équipage PRADEL/MOUTOUSSAMY en tête du rallye, distançant les occupants de la 306 kit-car de BIHKI/BARBIS de 3’’8, PYRAME/ROTH de 9’’6, NEGRE/LUTIN de 10’’2 et PARDO/CHARNEAU de 10’’7.
Cette quatrième spéciale ovationnait le scratch de BIKHI/BARBIS, en 2’43, qui précédait PRADEL/MOUTOUSSAMY de 1’’7 et PARDO/CHARNEAU de 3’’4, NEGRE/LUTIN de 5’’2, l’équipage régulier NINOU/LUDOMIR de 5’’8. La surprise a été le retard accumulé par les occupants de la SUBARU GrA qui, à cause d’une crevaison a pointé avec 52’’, après le premier temps enregistré. En analysant leur mésaventure, on s’aperçoit qu’à une centaine de mètres du départ de la spéciale, il y a un pont, qu’il faut franchir à une certaine allure, donnant l’impression de décoller, étant en pleine accélération. A la réception, la concentration doit être soutenue pour négocier une courbe sur la droite. A l’intérieur de la dite courbe est situé un regard entouré de pierres ; et c’est en peaufinant la trajectoire que le frottement, sur une des pierres, a endommagé le pneu ARD. Cette déconvenue contraindra cet équipage à accentuer sa vélocité, tout en redoublant de prudence pour atteindre la fin du rallye. Le reste du classement restait inchangé, la régularité des autres participants les obligeait à demeurer dans les mêmes positions. Toutefois, un équipage ne faisait plus partie de la course, la Clio de DEVIN/ETIENNE ayant capoté, en cours de spéciale, à Boissec, s’excluait, ne pouvant plus poursuivre la compétition.
A l’arrivée de l’ES5, les mêmes véhicules tenaient le haut du classement. Les passagers de la Mégane kit-car gardaient à distance respectable ceux de la 306 kit-car qui nourrissaient l’envie de frapper un grand coup sur ce rallye ; mais il faut avouer que les véhicules se valaient ; toutefois, il y a un petit quelque chose qui fait la différence dans les performances, seulement en considérant qu’il y aura qu’un seul gagnant. Dans la C2 super 1600, on tâche de rester en embuscade, afin de conserver une place non loin du podium. La douche froide qui a érodé la vélocité des coéquipiers de la Subaru aurait tendance à altérer leur confiance, pourtant ils ont charmé le public par la fougue qui les anime.
La spéciale clôturant la première étape a été remportée par l’équipage PRADEL/MOUTOUSSAMY, en 2’45’’5, qui a tenu à renforcer l’écart qui le sépare des plus offensifs au classement scratch. PYRAME/ROTH qui veut toujours prouver que la persévérance peut payer, continue à faire l’effort pour parvenir à se hisser à la seconde place de cette ES6, en 2’48’’3. Les forçats de la 306 kit-car s’alignent à la troisième place, en 2’49’’6. La Clio R3 et la C2 super 1600 naviguent en 2’50’’, repoussant NINOU/LUDOMIR à 1’’. Certains pilotes n’ont pas été à l’aise dans ce passage, au regard de leur position : Stéphane NEGRE a la dixième place et Joseph LUDOMIR la quinzième. Toutefois, DARA/LANCELOT aux commandes de l’Escort Cosworth, toujours ennuyé par la BV défaillante, gagnait deux places, en faisant mieux que la 106 de Freddy CORVO et en léguant la place de lanterne rouge à BEAUVARLET/MOUROUGUIN, à bord de leur 309 GTI, dont le moteur perdait la puissance de ses chevaux.
Le classement, à l’issue de l’après-midi du Samedi, inscrivait à la place de leader, la Mégane de l’équipage PRADEL/MOUTOUSSAMY, avec 7’’2 sur BHIKI/BARBIS, 22’’6 sur PARDO/CHARNEAU, 28’’4 sur VILMEN/NAZARIN, 46’’4 sur NINOU/LUDOMIR, 29’’9 sur NEGRE/LUTIN qui dominait le Gr N, distançant PARDO/REIMONENQ à 5’’5, LOUIS/SYTADIN à 1’08’’, BARRIERE/CLEMENT à 1’59’’, DARA/LANCELOT à 4’20’’. Le Groupe F2000 était déjà à 1’05’’1 et avait comme locomotive la Saxo de l’équipage POUVIN/LEFI qui contrôlait la Mégane de CHAILLY/BELTOU à 41’’1, la 206 XS de Joseph LUDOMIR à 53’’6, la Seat Ibiza de DERIEMONT/ALEXIS à 1’07’’7, la 206 XS de BUCHHOLZER/CHAILLY à 1’13’’, la 106 XSI de CORVO/BALON à 4’58’’7, la 309 GTI de BEAUVARLET/MOUROUGUIN à 11’23’’3.
Le lendemain, le réveil matinal ne s’est pas avéré nécessaire pour les forces de l’ordre qui ont obligé le s organisateurs à neutraliser les deux premières spéciales destinées à égayer les aficionados, depuis 7h30. Donc, pendant deux heures, la compétition a été en stand-by, avant que l’ES9, Routa/Papin, la remette en mouvement.
Les plus rapides ont été la Mitsubishi lancer de NEGRE/LUTIN et la 309 kit car de BHIKI/BARBIS, en 4’08. L’équipage PRADEL/MOUTOUSSAMY pointait avec 2’’ de plus et PYRAM/ROTH, 4’’. PARDO/CHARNEAU réalisait 4’14’’, NINOU/LUDOMIR et VILMEN/NAZARIN, 4’18’’. En milieu de classement, on trouvait les mêmes équipages qui, régulièrement conservaient les positions dues au niveau des performances de leur monture.
La deuxième manche de ce rallye de Goyave semblait bien enclenchée et certains équipages se faisaient remarquer en tentant de remonter plus haut dans le classement. C’étaient le cas de POUVIN/LEFI qui affichait le septième chrono, CHAILLY/BELTOU, le neuvième et DERIEMONT/ALEXIS, le onzième. En revanche, d’autres ont rencontré des embûches qui ont obstrué leur progression. Il s’agit de LOUIS/SYTADIN chronométré à l’arrivée avec 56’’ de retard, BARRIERE/CLEMENT qui n’a pas cessé sortir de leur trajectoire et accusait 50’’ sur le premier et PARDO/CHARNEAU qui, au prise avec la glissière de sécurité, a endommagé le côté gauche de la Clio R3, ainsi que la jante ARG et cela a coûté 4’56’’. Le plus malchanceux de cette spéciale ont été les occupants de la 106 XSI de CORVO/BALON, victime d’une sortie de route, à Bellevue, en investissant le même terrain qui avait attiré la Mitsu de Philippe NINOU la saison précédente. Toutefois, les quatre plus rapides, dans cette ES10, se tenaient dans deux secondes cinquante : PRADEL/MOUTOUSSAMY 4’00’’9, BHIKI/BARBIS 4’01’’2, PYRAM/ROTH 4’01’’3, NEGRE/LUTIN 4’02’’4.
Désormais, 17 équipages se battaient encore pour le podium. En tête de course, la bagarre était évidente entre les trois premiers du classement, dont les véhicules, 306 Maxi, Mégane kit car et Subaru Impréza GrA, obéissaient au doigt et à l’œil, à leur équipage embarqué. Sur la ligne d’arrivée de l’ES11, Gossain/Papin, BHIKI/BARBIS s’imposait en 4’04’’, PRADEL/MOUTOUSSAMY suivait en 4’06’’, PYRAM/ROTH en 4’07’’. La 309 GTI de BEAUVARLET/MOUROUGUIN qui n’attendait que la fin de l’épreuve, acceptait encore les quelques brutalités, la faisant frôler l’abandon, avec un moteur dont tous les organes n’étaient plus en accord. Toutefois, elle passait la ligne d’arrivée avec 5’20’’4, soit 19’’ après la Seat de DERIEMEONT/ALEXIS. La Ford Escort Cosworth de DARA/LANCELOT qui souffrait toujours de ses ennuis de boîte de vitesses, ramait afin de rallier l’arrivée et figurer dans le classement. La C2 de VILMEN/NAZARIN, effrayée dans une embardée que seul l’équipage a pu vivre en direct, est encore très étonnée d’être restée intact. A cause de cela, elle a pointé à la douzième position, en 4’44’’3 et mettait en péril sa place sur le podium.
Les choses se précisaient, mais il fallait encore passer l’épreuve de l’ultime spéciale, pour être certain de figurer au classement final. A ce jeu, les équipages PRADEL/MOUTOUSSAMY et BHIKI/BARBIS ont mis la gomme pour tenter de se surprendre mutuellement, en raison de la mince épaisseur de l’écart qui les séparait. Malheureusement pour les coéquipiers de la 306 Maxi, l’allure de l’auto a été ralentie, à cause d’une erreur de pilotage qui a conforté l’avance de la Mégane de Gwad. Le premier a réalisé 3’54’’8 et le second 3’58’’8. Philippe NINOU qui avait fait un exploit à la course côte des mamelles, faisait, lui aussi, un effort et devançait la Subaru de PYRAM/ROTH de 4/10, en affichant 4’01’’8. NEGRE/LUTIN prenait la cinquième place, à 11’’8. Les frères PARDO se séparaient de 7’’, Frédéric pointant en 4’07’’5 ; VILMEN/NAZARIN qui sortait de loin, est heureux, se contentait de 4’15’’9. POUVIN/LEFI, 1’’ plus tard, tenait à l’écart l’équipage LOUIS/SYTADIN, à 7’’8. DARA/LANCELOT conservait son même chrono, dans cette spéciale, en arrivant à la douzième position. Des ennuis ont retenu DERIEMONT/ALEXIS, en bas du classement, ainsi que l’équipage BARRIERE/CLEMENT dont les trajectoires n’ont été toujours rectilignes, pourtant, ça aurait été le plus court chemin.
Depuis la proclamation des résultats, les rumeurs planaient au-dessus du parc fermé, quant aux soupçons de triches qui obligeraient des vérifications.
Celles-ci ont été effectuées et à l’étonnement de tous les commissaires techniques qui découvraient sous le capot de la Mitsubishi de l’équipage NEGRE/LUTIN, une anomalie dans la l’assemblage du turbo, qui a fait pâlir, même, le propriétaire du véhicule qui, visiblement ne semblait pas informé de cette malfaçon. A cela, certains se demandent comment interprète-t-il, les excellentes performances du véhicule, et à l’inverse, les contre-performances qui relèguent sa Mitsu à des places moins honorables ; la conception de ce véhicule répond-t-elle véritablement à cette vélocité en dents de scie ?
Dans tous les cas de réponse, une seule interprétation a été souveraine, celle de la décision des membres du collège des commissaires techniques qui ont statué et décidé la mise hors course du dit équipage, qui aurait déjà été, préalablement, averti, à cause des pratiques d’assistance, sur les parcours de liaison, donc, en dehors du parc prévu à cet effet.
Cette décision modifie la réalité du classement, mais en appliquant la réglementation, le Directeur de Course a apposé sa signature pour la validation des résultats, désormais officiels et définitifs.

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