RALLYE du SUD BASSE-TERRE
21 au 23 Novembre 2008
Cette dernière manche du championnat ASAG/ASA Carïb se devait d’être émouvant, parce qu’une poignée de pilotes conservaient l’opportunité d’enlever le sacre de champion de Guadeloupe 2008.JPG)
En appliquant le dicton : « le malheur des uns fait le bonheur des autres », l’équipage BADLOU/ALTIS, embarqué dans la Subaru WRC, a ramassé les miettes que la 306 kit car de BHIKI/GERAN a laissé choir sur les derniers kilomètres du championnat. Auparavant, le classement avait subi de fortes turbulences, avec les sorties de route, les pannes et une décision de s’extirper du championnat, ce qui a facilité la progression des plus défavorisés, en leur permettant un positionnement plus approprié, au sein du classement.
Edmond BHIKI pouvait se classer à la seconde place du rallye et être sacré champion.
Stéphane NEGRE devait remporter le rallye pour conserver sa position de champion 2007.
Olivier BADLOU, dont le copilote, Thierry ALTIS, dominait déjà son classement, pouvait gagner le rallye, mais ne devait pas avoir BHIKI sur ses talons, pour s’emparer du championnat.
Les dés étaient jetés et chacun savait à quoi s’en tenir, pour se partager les trois marches du podium.
La direction de course managée par Marie-France MORVAN a autorisé à 19 équipages à prendre le départ de cette seconde édition du Rallye Sud Basse-Terre. Le premier malchanceux s’est vite fait repérer, dans le groupe F2000, puisque la 106 de CHRISTOPHE/MELANGE a été transportée au parc fermé, à cause d’un bris de fourchette, dans la boîte de vitesses.
Le premier à s’être imposé, dans l’ES1 (Grd-Rivière/Karata 7,5 km) a été l’équipage VILMEN/NAZARIN qui a contrôlé la C2 super 1600, en s’imposant devant tous les autres, qui n’ont pas eu l’opportunité de partir en temps sec. Il signait un chrono de 4’51’’, repoussant BADLOU/ALTIS à 3’’, BHIKI/GERAN et NEGRE/LUTIN à 7’’.
Au cours de l’ES2 (St-Michel/St-Louis 8,5 km), la Saxo de POUVIN/LEFI a endommagé un planétaire, au niveau BV et la Fiat Stilo, qui était la surprise, a eu des ennuis de transmission. Ces tracas avait ôté trois véhicules de la course, ce qui laissait la porte ouverte à 16 équipages, tout en sachant que les malchanceux avaient la possibilité de revenir dans la course, au début de la deuxième étape. Sur la ligne d’arrivée, les chronométreurs se rendaient compte que les choses changeaient en tête de course, lorsque la Subaru WRC a commencé à rentrer dans le rythme, en affichant 5’38’’, devançant BHIKI/GERAN et VILMEN/NAZARIN de 7’’, alors que la Ford Cosworth de NEGRE/LUTIN pointait 20’’ plus tard. On voyait déjà se faufiler la 206 de Cédric TEL, qui se faisait assister de Frédéric ALEXIS, dans le baquet de droite.
Les 16 équipages encore en course parvenaient à rallier la fin de l’ES3 (Cardonnet/Dolé 4,1 km) et on retrouvait BABLOU/ALTIS à la première position, en compagnie de BHIKI/GERAN, avec qui il établissait le chrono de 2’47’’, dans la même seconde, mais séparé de 31 centièmes. Ils distançaient NEGRE/LUTIN de 2’’, VILMEN/NAZARIN de 10’’. La 206 de LUDOMIR/KOALY arrivait après 19’’, la Mégane de CHAILLY/BELTOU après 21’’, la Clio de CALIFER/TUITT, qui semblait très incisive, après 22’’. Il y avait aussi le tandem qui a fait écarquiller les yeux : Félix CROSS qui avait embarqué Christelle PRALES, la fille de feu Raymond, dans sa 206 et évoluait dans une régularité, en clôturant le classement de la première moitié de cette spéciale. Les pilotes Cédric TEL et Vincent PARDO commençaient à se surveiller, en élève du circuit terre.
Les trois spéciales qui suivaient n’ont pas eu de chrono, pourtant l’ES4 n’avait aucun problème apparent et les pilotes n’ont quand même pas été crédités du temps de leur parcours, la faute incombant à une défaillance du système de chronométrage. En revanche, les cinquième et sixième épreuves spéciales ont été neutralisées, à cause de la durée qu’il a fallu pour mettre de l’ordre sur le circuit et sécuriser le public.
L’effectif de la horde n’avait pas changé et les 4,1 km de l’ES7 (Cardonnet/Dolé 4,1 km) permettaient de voir s’accrocher l’équipage VILMEN/NAZARIN qui évitait de se faire distancer par ceux qui contrôlaient le rallye. La suite du classement ne semblait pas régulière, puisque les équipages ne conservaient pas leur position initiale, si bien que la Fiesta de PARDO/REIMONENQ, dont la puissance avait été amputée par une mauvaise masse, remontait et suivait la C2 super 1600 ; la Clio de CALIFER/TUITT qui effectuait une séance d’essai grandeur nature tentait aussi de se faire une place dans le peloton. On voyait également pointer le nez de la 309 GTI de BARRIERE/CLEMENT, désireuse de réussir sa première étape. En bas du classement, la Golf de ROCH/BRUCY précédait, dans l’ordre, la 205 de LABRU/ANGOSTON, la 106 XS de CORVO/BALON et la Ford Escort Cosworth de DARA/LANCELOT qui avait l’air de suivre le rythme, mais se situait à la dernière place, avec 14’34’’ de retard. En tête du classement, NEGRE/LUTIN qui avait créé une accélération, se faisait voir sur la ligne avant BHIKI/GERAN, mais ne parvenait toujours pas à perturber la détermination de BADLOU/ALTIS.
La dernière épreuve spéciale de la première étape conduisait l’animation sur le circuit de Cité Chaulet/St-Louis, long de 6,8 km. Tout le monde de la région s’en vantait en disant que quiconque ne pourrait surprendre la 306 kit car de BHIKI/GERAN, dans cette portion du rallye. Les résultats l’ont confirmé, lorsqu’à la proclamation on entendait que 5’’ séparait le régional du rallye du leader de la compétition. Dans l’ordre, les trois premières places de l’ES8 étaient occupées par BHIKI/GERAN en 3’35’’, devant NEGRE/LUTIN en 3’38’’ et BADLOU/ALTIS en 3’40’’. On retrouvait encore VILMEN/NAZARIN au pied du podium, mais à 15’’, ayant été victime d’une touchette qui a esquinté la jante AVD et le disque de frein du même côté, suivi de la Fiesta de PARDO/REIMONENQ à 23’’, de la 206 XS de TEL/ALEXIS à 34’’. CALIFER/TUITT, BARRIERE/CLEMENT, LUDOMIR/KOALY et DARA/LANCELOT complétait le top ten du Samedi.
A l’annonce des résultats, en cours de soirée, on apprenait l’abandon de l’équipage VILMEN/NAZARIN, qui ne voulait pas poursuivre en super rallye. Par contre les trois abandons avaient déjà réparé et savait avec quel handicap ils reprendraient la compétition. Les équipages GUICHERON/BENJAMIN, POUVIN/LEFI et CHRISTOPHE/MELANGE repartaient, respectivement avec 51’18’’87, 51’22’’85, 52’00’’00 de pénalité, dans le cadre du super rallye. Le haut de ce classement faisait apparaître que BADLOU/ALTIS avait parcouru cette étape en 19’44’’66, BHIKI/GERAN le suivait à 12’’15, NEGRE/LUTIN à 26’’36, BARRIERE/CLEMENT à 2’38’’38, TEL/ALEXIS à 2’42’’89, LUDOMIR/KOALY à 2’57’’58, CALIFER/TUITT à 3’03’’21, CHAILLY/BELTOU à 3’14’’35, BUCHHOLZER/CHAILLY à 3’15’’86, PARDO/REIMONENQ à 3’21’’46, CROSS/PRALES à 3’23’’84, ROCHE/BRUCY à 4’19’’77, CORVO/BALON à 5’51’’00, LABRU/ANGOSTON à 8’03’’60, DARA/LANCELOT à 17’54’’56.
Le lendemain, dans le public, on attendait de voir comment les occupants de la Ford Cosworth NEGRE/LUTIN allait récidiver leur exploit du rallye karukéra, pendant que d’autres pariaient que ce serait différent, parce qu’il existait une entente avec les hommes de la 306 kit car, afin de leur permettre de s’octroyer ce championnat 2008. Pendant ce temps, on s’apercevait que la Ford Cosworth de DARA/LANCELOT restait au parc fermé, parce que le copilote s’était présenté en retard, obligeant la mise hors course de l’équipage. Il faut préciser que ce genre de sport collectif demande une certaine complicité dont la participation de chacun met en valeur la réussite de la collaboration qui commence depuis la décision de courir ensemble, ainsi que la connivence qui doit étayer les différentes séances de reconnaissance, au cours desquelles la complicité doit prendre son importance. Si cette entente presque vicieuse ne se crée pas, il n’est même pas possible de faire équipe, parce que comme un attelage mal préparé, l’équipage sera toujours à hue et à dia.
Une déception envahissait les occupants de la 309 GTI BARRIERE/CLEMENT, dont l’auto qui présentait quelques faiblesses, la veille, a rendu l’âme, sur la liaison qui l’emmenait au départ de la Spéciale de Grand-Rivière/Karata.
Cette ES9 (7,5 km) semblait donner raison à ceux qui évoquaient une coalition entre le second et le troisième du classement de l’épreuve, parce que la subaru WRC continuait à caracoler en tête de la course, la 306 kit car conservait la deuxième place et la Ford Escort Cosworth ajoutait un retard de 11’’. Les jeunes de la Fiesta, qui n’avait plus de problèmes avec leur voiture, se montraient encore plus décidés à faire la course devant et retranchaient 11’’ dans le capital de TEL/ALEXIS et la moitié de celui qui les séparait de LUDOMIR/KOALY. La 206 XS de BUCHHOLZER/CHAILLY se classait juste devant la 205 GTI de CROSS/PRALES qui précédait la Clio de CALIFER/TUITT, en neuvième position.
A l’issue de l’ES10 (St-Michel/St-Louis 8,5 km), on remarquait un formidable sursaut de la 106 XS de CORVO/BALON qui réalisait le cinquième chrono, à 33’’ de BHIKI/GERAN qui devançait BADLOU/ALTIS de 52 centièmes et NEGRE/LUTIN de 11’’. POUVIN/LEFI, qui avait suffisamment testé la réparation de la veille, reprenait confiance et se positionnait au sixième rang ; TEL/ALEXIS continuait à garder le contact. CHRISTOPHE/MELANGE et GUICHERON/BENJAMIN étaient séparés de CHAILLY/BELTOU et poursuivaient leur avancée dans cette deuxième étape, sans trop se montrer.
Au cours de l’ES11, on s’apercevait que NEGRE/LUTIN franchissait la ligne d’arrivée de Cardonnet/Dolé, après 4,1 km, en seconde position, avec 3’’ de retard sur BADLOU/ALTIS et 3’’ d’avance sur BHIKI/GERAN, ayant été victime d’une crevaison. Toutefois, les intentions de PARDO/REIMONENQ ne fléchissaient pas depuis le départ de la deuxième étape, se tenant toujours en tête de la seconde vague, à partir de la quatrième place. ROCHE/BRUCY faisait le va et vient, ainsi que CHAILLY/BELTOU, CORVO/BALON, CHRISTOPHE/MELANGE et LABRU/ANGOSTON, dans la deuxième moitié du classement.
Cette fin de matinée a été fatale pour l’équipe et les aficionados de l’équipage BHIKI/GERAN qui ne croyaient pas leurs oreilles, lorsque l’on a annoncé et que le public ait constaté, dans l’ES12 (Cité Chaulet/St-Louis 6,8 km), que la Subaru apparaissait avant la 306 kit car, qui restait invisible à l’horizon. La crevaison a contraint Edmond BHIKI à se précipiter en s’acharnant sur le circuit, dans son fief, mais n’aurait pas mesuré tous les risques qu’occasionnait un pneu pas encore en température, peut-être pas suffisamment gonflé à cause de sa basse température, mais aussi l’envahissement du stress, en croyant échapper le sacre de champion, qu’il attend depuis si longtemps. Dans tous les cas de figure, le mal était fait, il ne pourrait plus être champion en 2008 . Le plus triste ou le plus fair-play était que les supporters des autres teams n’ont même pas crié victoire, tant tout le monde s’était lié à la cause d’Edmond, pour qu’il puisse enfin décrocher son titre de champion. Olivier BADLOU a du être secoué par son copilote qui lui a fait comprendre que s’il restait encore des miettes, de ce championnat, nous nous devons d’aller les ramasser. Cela a été tellement la surprise que le pilote de la Subaru s’est laissé surprendre par les occupants de la Ford Cosworth qui ont fait le scratch, en lui imposant 5’’. Evidemment, on trouvait PARDO/REIMONENQ à la troisième position, TEL/ALEXIS à la quatrième et LUDOMIR/KOALY à la cinquième, parce que ceux-là avaient bien compris que le rallye n’était pas terminé. Dans cette spéciale, on enregistrait un autre l’abandon, celui de GUICHERON/BENJAMIN, dont la Fiat Stilo a souffert également d’un ennui de boîte de vitesses.
A quatre spéciales de la fin du rallye, les performances en tête de course diminuaient, pourtant les écarts se minimisaient, sans doute parce que les hommes de la Ford restaient vigilants, en se disant que tout est encore possible. A l’issue de l’ES13 (Grd-Rivière – Karata), seulement 54 centièmes différenciaient le chrono de BADLOU/ALTIS de celui de NEGRE/LUTIN ; derrière, on pourrait penser à une lutte fratricide entre J/michel POUVIN et Vincent PARDO, dans laquelle le premier prenait le meilleur sur le second. En embuscade, on retrouvait la 205 GTI de CROSS/PRALES, ainsi que la 206 XS de LUDOMIR/KOALY, alors que CALIFER/TUITT avait décroché, jusqu’à la dixième place. La Mégane de CHAILLY/BELTOU s’inscrivait dans la liste des abandons, par une faiblesse de la transmission côté droit.
On pourrait dire que la panne de début de rallye de la Fiesta a forcé ses occupants à faire une course d’attente. Sur la fin, ils ont toujours conservé le rythme de la performance et n’ont jamais baissé les bras. Le combat avec TEL/ALEXIS a tourné en leur faveur, mais Cédric n’a pas à se sentir diminué, on commence à connaître ses capacités. En tête de course, dans l’ES14 (St-Michel/St-Louis), les deux à se battre, pour la victoire, étaient la Subaru et la Ford, mais un peu amoindri, dans ses performances, à cause de son turbo qui ne répondait plus spontanément. Cette fois, c’est la 205 GTI de LABRU/ANGOSTON qui quittait les rescapés. La 106 XS de CORVO/BALON a été pointé à plus de 14’58’’, victime d’un problème de BV et ne sera pas non plus classé dans la spéciale suivante, pour avoir également abandonné.
Dans le dernier passage dans Cardonnet/Dolé, l’ES15, une poignée de 11 voitures se disputaient encore la possibilité d’améliorer un passage, dans une portion restée difficile à négocier. La Clio de CALIFER/TUITT qui terminait une grande séance d’essai, a pu noter toutes les anomalies, dont les améliorations sauraient rendre plus efficace cette auto, pour la saison prochaine. ROCHE/BRUCY et BUCHHOLZER/CHAILLY ne sont plus à l’heure de prendre des risques et attendent la fin du rallye, afin d’engranger les points qui leur reviennent.
Tous ceux qui avaient encore la chance de prendre part à l’ultime épreuve spéciale de ce rallye du Sud Basse-Terre, désiraient atteindre la ligne d’arrivée et surtout le parc fermé qui demeure la l’exigence dernière de toute compétition mécanique. Les hommes embarqués dans la Subaru avaient le sentiment que la sollicitation de puissance n’avait plus le même rendement, ce qui voulait dire que tous les véhicules commençaient à montrer des signes de faiblesse, en cette fin de saison palpitante. Cela a été vérifié au regard du plus mauvais chrono réalisé, dans l’ES16, par NEGRE/LUTIN, dont la Ford fumait, signe caractéristique d’un turbo véritablement fatigué ; une spéciale de plus aurait été pitoyable pour cet équipage. Fort heureusement, les 9 à avoir traversé le rallye, de bout en bout et 2 des autorisés dans le super rallye ont exposé leur bolide dans le parc destiné à les recevoir, en attendant la remise des prix.
BADLOU/ALTIS a joué le fun, affichant 3’33’’82, suivi de la Saxo de POUVIN/LEFI à 13’’01, PARDO/REIMONENQ à 17’’45, TEL/ALEXIS à 21’’11, LUDOMIR/KOALY à 29’’59, BUCHHOLZER/CHAILLY à 30’’23, CROSS/PRALES à 30’’46, CALIFER/TUITT à 35’’43, ROCHE/BUCY à 36’’10, CHRISTOPHE/MELANGE à 55’’16, NEGRE/LUTIN à 1’08’’99.
Cette ultime compétition de la saison 2008 n’a pas tenu ses promesses, mais a tenu en haleine tous les aficionados qui ont suivi avec intérêt un rallye qui a provoqué des changements dans le classement du Championnat. L’étroitesse des écarts ne devait pas pardonner d’erreurs, tout au long des 13 épreuves spéciales parcourus, même la mécanique avait à répondre aux différents assauts imposés par les équipages qui voulaient, à tout prix, progresser dans le classement. |